Société

La crémation pose toujours question

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine lundi 31 octobre 2016 à 18:44

Au jardin du souvenir du cimetière de l'Ouest, des columbariums et des cavurnes pour les personnes ayant choisi la crémation
Au jardin du souvenir du cimetière de l'Ouest, des columbariums et des cavurnes pour les personnes ayant choisi la crémation © Radio France - Marie Mutricy

Au Mans, 50% des personnes décédées choisissent de se faire incinérer, c'est 30% dans le milieu rural. La tendance s'est accélérée ces dernières années, mais le choix suscite toujours des questions dans l'entourage du défunt.

Une plaque, un vase pour une fleur et voilà : au cimetière, un carré du souvenir est réservé aux personnes ayant choisi de se faire incinérer. 50% des personnes décédées au Mans font ce choix. C'est 30% en France et en milieu rural. Mais cette décision peut encore provoquer l'incompréhension des proches. L'association crématiste du Maine propose de conserver la volonté écrite des personnes avant leur décès pour faire respecter leur choix.

"la crémation c'était son choix"' : reportage au cimetière de l'Ouest au Mans

Un lieu de mémoire

Pour Roger Laure, le président du Comité d'éthique du crématorium du Mans, la crémation est un choix philosophique. Il s'agit de disperser les cendres dans un lieu sauvage, ce qui permet au corps de retourner naturellement à la terre. "Conserver l'urne et les cendres chez soi ou en distribuer à chaque membre de la famille est désormais interdit" précise-t-il. Mais certains ont besoin d'un lieu bien identifié pour venir se recueillir. Au Mans, le cimetière sud a un jardin du souvenir entièrement rénové, au cimetière de l'Ouest il y a des columbariums et des cavurnes. "C'est le retour à l'inhumation classique" constate Christiane Muzet, la présidente de l'association crématiste du Maine.

Faire respecter son choix

Une famille est venue se recueillir devant la plaque d'un époux disparu : "c'était son choix, précise la veuve. Il l'avait écrit, clair et net. Moi, ça ne me dérange pas". Sa sœur approuve : "notre mère est enterrée dans le même cimetière. Tombe ou crémation, pour moi, c'est la même pensée". Elle souhaite se faire incinérer "mais peut-être que mes filles qui sont croyantes ne respecteront pas mon choix. C'est un débat que nous avons entre nous". Inhumation ou crémation, quelque soit le choix fait, il faut en parler précise Christiane Muzet : "en parler à ses proches, à sa famille, expliquer aux enfants son choix. Certains de nos adhérents rejoignent notre association simplement parce qu'ils ne peuvent pas parler de leur volonté à leurs proches !"

Christiane Muzet préside l'association crématiste du Maine

Depuis 2008, la loi permet également de désigner une personne de confiance pour se charger des obsèques. Elle a tout pouvoir pour faire respecter notre choix concernant la cérémonie et le mode d'enterrement que l'on souhaite.

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