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Société

La députée tourangelle, Sophie Auconie, veut en finir avec les noms de rues très majoritairement masculins

jeudi 23 novembre 2017 à 17:02 Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine

La députée UDI Sophie Auconie s'est émue du fait que seulement 6% des rues des villes et villages de France portent le nom d'une femme ! exception faite en Touraine de la Ville aux Dames. Exemple à Tours et Saint-Pierre-des-Corps.

La Ville-aux-Dames est une réelle exception dans le baptême des rues avec quasiment 100% de noms de femmes
La Ville-aux-Dames est une réelle exception dans le baptême des rues avec quasiment 100% de noms de femmes © Maxppp - maxppp

Indre-et-Loire, France

Il faut dire que pour que le nom d'une femme soit inscrit sur une plaque de rue, il faut qu'elle se soit encore particulièrement fait remarquée.

A Tours sur les milliers de rues, impasses, avenues, places et boulevards, seulement 17 portent le nom d'une femme - on pourrait dire 18 puisque Marie Curie scientifique mondialement reconnue figure dans une impasse et une rue associée à son mari pour l'éternité !

Au XIXème siècle lorsque les autorités masculines de la ville de Tours commencent à honorer leurs personnalités, elles retiennent des noms d'hommes, de politiques, de militaires, de députés, de sénateurs. "C'est vrai qu'à cette époque lorsque l'on commence à baptiser les rues de noms de personnalités, la dénomination est machiste ! explique Jean-Luc Porhel conservateur en chef des archives municipales de Tours "la dénomination des noms de rues à Tours prendra des allures plus féminines à partir des années 60/70 lorsqu'il y aura par exemple en 1964 la fusion avec les communes Sainte-Radegonde et Saint-Symphorien, on se retrouve avec des noms en double et il faut donc trouver d'autres inspirations, c'est aussi à cette époque que la ville de Tours s'étend au nord avec le quartier de l'Europe et au sud avec les Rives du Cher et donc de nouvelles rues doivent être baptisées et là les noms de femmes sont proposés".

A Saint Pierre des Corps, sur les plaques des centaines de rues, d'impasses et de boulevards seulement 6 femmes ont réussi à inscrire leurs noms et pour la plupart d'entre elles, elles ont eu un destin tragique pendant la seconde guerre mondiale.

Si on excepte Louise de La Vallière et Suzanne Lenglen, l'une favorite de Louis XIV et l'autre championne de tennis, pour les autres, c'est au prix de leur vie qu'elles ont eu cette reconnaissance posthume, particulièrement après la Seconde Guerre mondiale comme pour Jeanne Labourbe, militante au parti social démocrate assassinée à Odessa en 1919. "Pendant la guerre, la municipalité communiste de Saint-Pierre-des-Corps avait été démise de ses fonctions par les autorités de Vichy et les élus qui gèrent la ville pendant ces années de guerre vont débaptiser plusieurs rues trop connotées politiquement" explique Jean-Jacques Barré, président de l'association Histoire et vie sociale de St Pierre des Corps*. En septembre 1944, la municipale communiste et le gouvernement de libération remettent de l'ordre dans les plaques de rues de la ville.

Danielle Casanova, Fabienne Landy et Line Porcher étaient toutes engagées dans la résistance communiste, elles ont été arrêtées en 1942 et déportées en 1943 et sont mortes en déportation à Auschwitz et Birkenau. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville de Saint-Pierre-des-Corps, détruite à plus de 85% par les bombardements, les a choisies pour honorer ses héros.

“Tant que les femmes ne s’en mêlent pas, il n’y a pas de véritable révolution!”, disait Mirabeau. Aujourd'hui encore, les femmes restent les grandes oubliées de l'histoire des villes et villages avec seulement quelques rues ou impasses pour les honorer.

* L'Association Histoire et vie sociale a publié en 2012 un livre des rues de Saint-Pierre-des-Corps avec de courtes biographies des personnalités.