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Société

La détresse des professeurs du lycée Gallieni de Toulouse

vendredi 12 janvier 2018 à 6:03 Par Clémence Fulleda, France Bleu Occitanie

Environ soixante professeurs du lycée Gallieni de Toulouse ont refusé de se rendre devant leurs élèves ce jeudi. Ils dénoncent des violences toujours plus importantes au sein de l'établissement et un manque de considération de leur hiérarchie.

Le lycée Gallieni accueille environ 1000 élèves
Le lycée Gallieni accueille environ 1000 élèves © Radio France - Clémence Fulleda

Toulouse, France

Les professeurs du lycée Gallieni de Toulouse, qui accueille environ 1000 élèves du CAP au bac professionnel, n'en peuvent plus. 

Ce jeudi, la moitié des 120 enseignants ont décidé de ne pas faire cours, sans pour autant se déclarer officiellement en grève. Ils savent qu'ils sont à la limite de la légalité mais ils veulent se faire entendre car depuis le 15 décembre dernier ils multiplient les actions pour dénoncer les violences physiques et verbales au sein de l'établissement.

Agressions, bagarres, incendie

Ainsi, les toilettes sont dégradées quotidiennement, des portes sont fracturées, de sorte que les dégradations se chiffreraient à 47 000 euros rien que cette année selon certains professeurs. En mars dernier, l'établissement a été évacué suite à un incendie. 

"Avant je n'hésitais pas à réprimander un élève quand il crachait, aujourd'hui je réfléchis à deux fois. Il y a aussi un problème de sécurité; quand on voit par exemple les tourniquets... Trois personnes peuvent rentrer en même temps !", raconte Nicolas Tournier, secrétaire départemental du SNETAA-FO et enseignant en construction mécanique dans les sections professionnelles. Les bagarres sont aussi fréquentes.

Fabian Berges, professeur de mathématiques et secrétaire départemental adjoint du SGEN-CFDT explique : "Certains ont des couteaux dans les sacs à dos. On estime que 150 à 200 élèves posent problème, sur 900!" 

Un plan Marshall 

Les professeurs demandent une sorte de plan Marshall pour améliorer la situation. 

Ils aimeraient voir doubler le nombre de surveillants (AED) pour passer de 5 à 10 en journée. C'est le minimum selon eux pour surveiller les 11 hectares du lycée.  Ils demandent aussi un classement du lycée en "politique de la ville", même si la dénomination n'existe plus, pour avoir des moyens supplémentaires.

Virginie Sénoville, qui enseigne les lettres et l'histoire en filière professionnelle, souligne aussi un problème de recrutement et d'orientation des élèves.

On a 73% d'élèves inscrits en CAP qui viennent de structures spécialisées, qu'on mélange, ce qui crée une situation explosive. On est là pour enseigner, pas pour gérer des cas difficiles. On a des supers élèves, très méritants qui ne peuvent pas étudier dans de bonnes conditions. On nous dit qu'on est incompétents alors qu'on fait tout ce qu'on peut. 

Tous répètent par ailleurs "les élèves ne sont pas nos ennemis". Selon Nicolas Tournier, "80% veulent s'en sortir, 20% nous empêchent de travailler."

"Gallieni ce n'est pas Guantánamo"

Face aux critiques, le rectorat répond que le dialogue est engagé depuis plus d'un an pour travailler sur des améliorations.

Il faut que la passion retombe. Gallieni ce n'est pas Guantánamo. Quand on me dit qu'il y a 200 gamins qui n'ont rien à faire ici et bien je pose la question du service public. - Jacques Caillaut, directeur académique des services et de l'éducation nationale ( DASEN) de la Haute Garonne

Le directeur académique assure que des actions sont conduites depuis deux ans, et qu'"il faut admettre que les choses mettent un petit peu de temps".

Ainsi, un surveillant supplémentaire a été promis mais Jacques Caillaut indique qu'il n'y en aura pas cinq, comme demandé; la Région devrait aussi changer les portiques d'entrée et des caméras pourraient être installées.

Les  professeurs espèrent pourtant plus. Ils disent avoir fait remonter le dossier via les syndicats jusqu'au bureau du Ministre de l'Education Nationale.