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Société

La Flèche : ils prêtent leur voix à ceux qui ne peuvent plus lire

jeudi 24 novembre 2016 à 17:58 Par Alexandre Chassignon, France Bleu Maine et France Bleu

La bibliothèque sonore de la Flèche est la seule en Sarthe à mettre des centaines de livres à la disposition, sous forme de CD-Rom, de ceux dont la vue est trop basse. Des bénévoles aussi donnent de la voix, et de leur temps.

Un lecteur spécial permet aux mal-voyants de naviguer dans les ouvrages audio enregistrés.
Un lecteur spécial permet aux mal-voyants de naviguer dans les ouvrages audio enregistrés. © Radio France - Alexandre Chassignon

Plusieurs dizaines de Sarthois font régulièrement appel aux services de la bibliothèque sonore de la Flèche. Lucien, de Lamnay, est l'un d'eux. Il ne peut plus lire avec ses yeux mais il écoute environ quatre romans par mois.

Le système, reconnu d'utilité publique depuis bientôt 40 ans, est entièrement gratuit, y compris l'acheminement des disques par la Poste. Chaque CD contient des heures de lecture, enregistrées en mp3. Impossible de passer directement par Internet faute d'interface adaptée aux mal-voyants. Au contraire, les lecteurs "Victor", avec leurs gros boutons, sont conçus spécialement pour les "audiolecteurs". Ils peuvent revenir au début du chapitre, ralentir ou accélérer le rythme.

Gros lecteurs et petits micros

Lucien lit ainsi en moyenne une heure par jour, notamment "des auteurs de terroir, comme Christian Signol". A force, il reconnaît les voix de ceux qu'à la bibliothèque sonore on appelle les "donneurs de voix". Ils sont une demi-douzaine en Sarthe à s'enregistrer ainsi. Il leur suffit d'un petit micro, d'un ordinateur, de temps et d'humilité. Car il faut souvent se reprendre. Compter deux ou trois fois plus de temps pour lire un ouvrage que pour l'écouter.

"Je redécouvre des livres à voix haute"

Madeleine, une retraitée de l'enseignement, contribue depuis trois ans. Elle a développé ses petits trucs, par exemple tousser pour repérer les passages où elle bafouille et les couper. Il lui arrive de lire ainsi pendant deux heures d'un trait. "Parfois des livres que je connais déjà, mais que je redécouvre à voix haute : les intonations, le rythme sont plus marqués, j'y suis très sensible".

Cet exercice a une limite : celle de l'interprétation. Le donneur de voix doit rester neutre. "On n'est pas Guillaume Galienne", résume Maurice Lemonnier, le président de la bibliothèque sonore fléchoise. Elle propose la version audio de 400 livres et peut piocher dans les 5 000 références disponibles au niveau national.