Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Pour dénoncer les marchands de sommeil, la Fondation Abbé Pierre fait témoigner des victimes et visiter leurs logements

jeudi 27 septembre 2018 à 17:10 Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu

La Fondation Abbé Pierre a dénoncé une nouvelle fois, jeudi matin, les marchands de sommeil. Elle a proposé à la presse de rencontrer des victimes et de venir voir, de leurs yeux, les logements loués à Paris par un bailleur peu scrupuleux.

Cet homme vit depuis 23 ans dans un "logement" de moins d'un mètre carré de surface habitable, sous les combles de son immeuble.
Cet homme vit depuis 23 ans dans un "logement" de moins d'un mètre carré de surface habitable, sous les combles de son immeuble. - Delphine Picard Fondation Abbé Pierre

Paris, Île-de-France, France

Comment faire pour venir à bout des marchands de sommeil qui exploitent la misère de ceux qui n'ont pas d'autres choix que de louer des logements indignes pour des loyers exorbitants ? 

La Fondation Abbé Pierre, qui œuvre pour le logement des plus défavorisés, a voulu pousser un cri d'alarme ce jeudi matin à Paris. Elle a réuni la presse pour une action choc. Elle a fait témoigner plusieurs victimes d'un marchand de sommeil et fait visiter leurs appartements indignes.

Un marchand de sommeil débusqué à Paris

La Fondation a choisi ce jeudi de dénoncer les agissements d'un bailleur en particulier : derrière la SCI du Moulin du Rouet, un homme qui réside en Vendée possède la totalité de l'immeuble du 4 avenue Jean Moulin dans le 14e arrondissement de Paris. La Fondation a été alertée par un habitant au mois de mars 2018. Elle découvre alors une situation "emblématique" du problème des marchands de sommeil.

Un loyer de 480 euros pour 6 m² insalubres

Dans cet immeuble parisien, onze appartements indignes, qui font entre 0,9 et 6 mètres carrés, sont loués de 250 à 480 euros par mois. Ces logements ont des toilettes vétustes, des fuites, des souris et des problèmes d'isolation. Linda (prénom modifié) vit ici depuis plus d'un an, assure n'avoir "pas eu le choix, c'était ça ou la rue". Un de ses voisins, Jamel, parle de "niche" pour désigner son lieu de vie. "Une cage" enchérit José Lopez, 71 ans, qui tient depuis 1994 dans... 90 centimètres carrés. Ce bibliothécaire-chercheur, retraité depuis peu, prend sa douche à la piscine municipale, trois fois par semaine.

Bien décidée à poursuivre le bailleur, la Fondation a été soutenue par le services techniques de l'habitat de la Ville de Paris. Le parquet a été saisi et une enquête est en cours. Trois arrêtés d'interdiction d'occupation ont aussi été publiés par le préfet et trois sont en cours d'examen. Mais ce qui met la Fondation Abbé Pierre en colère, c'est que, malgré son obligation légale, le bailleur mis en cause n'a relogé, à ce jour, aucune victime. Pire, il continue de tenter d'encaisser les loyers illicites.

La loi ELAN ne suffit pas

Pour la Fondation, la loi ELAN qui sera votée prochainement, va durcir les mesures contre les marchands de sommeil, mais elle ne suffira pas pour venir à bout de cette "spirale infernale". 

Elle réclame au gouvernement davantage de moyens pour repérer ces situations, se tourner vers la justice et accompagner les victimes dans la durée. Elle souhaite un traitement global, seule façon, selon elle, de venir à bout de ce problème.