Société

La France se dit prête à accueillir des homosexuels persécutés en Tchétchénie

Par Mooréa Lahalle, France Bleu lundi 15 mai 2017 à 16:09

Le 21 avril à Lyon, des militants et des membres de la communauté LGBT ont défilé dans les rues afin d'afficher leur soutien aux homosexuels persécutés en Tchétchénie.
Le 21 avril à Lyon, des militants et des membres de la communauté LGBT ont défilé dans les rues afin d'afficher leur soutien aux homosexuels persécutés en Tchétchénie. © AFP - CHRISTOPHE ESTASSY

La France se dit "prête à examiner les demandes de visa à caractère humanitaire" de personnes homosexuelles victimes de persécutions en Tchétchénie, a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué ce lundi dans un communiqué que la France était "prête à examiner les demandes de visa à caractère humanitaire" de personnes homosexuelles victimes de persécutions en Tchétchénie. Pour le moment "aucune demande de visa n'a été présentée par les personnes concernées" mais "leur dossier serait bien entendu examiné rapidement si une demande venait à être déposée", ajoute--t-il.

L’homosexualité, crime passible de mort en Tchétchénie

En Tchétchénie, l'homosexualité, considérée comme un tabou, est un crime passible de mort. Le 1er avril, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta traduite en français par Courrier international a révélé que les homosexuels étaient la cible des autorités locales.

Selon le journal, les autorités ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Le journal indépendant russe rapporte que plus d’une centaine de personnes, des hommes entre 16 et 50 ans, auraient été arrêtées, torturées, et qu’elles sont détenues dans des "prisons secrètes" du pays, non loin de la capitale tchétchène Grozny.

Pétition et mobilisation sur les réseaux sociaux

Le mois dernier, le président de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov avait démenti toute arrestation d'homosexuels dans la république russe du Caucase, dénonçant comme des "provocations" les articles de presse faisant état de la traque de cette communauté. Son porte-parole assurait, lui, que les homosexuels "n'existent pas" dans la république tchétchène.

Une pétition en ligne pour réclamer une enquête "sur les massacres et tortures d'homosexuels en Tchétchénie" a recueilli à ce jour plus de 450.000 signatures. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Kiss4LGBTQrights (un bisou pour les droits des LGBT) a été créé en soutien aux homosexuels tchétchènes.