Société

La fronde des infirmiers libéraux contre le stationnement payant à Pau

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn mercredi 7 septembre 2016 à 19:25

Les professions libérales sont maintenant verbalisées à Pau (image d'illustration)
Les professions libérales sont maintenant verbalisées à Pau (image d'illustration) © Maxppp - François Destoc

INFO FRANCE BLEU BEARN | Les infirmiers libéraux de Pau sont furieux. Depuis la rentrée, ils doivent payer le stationnement quand ils se rendent chez des patients. Jusqu'à présent, les agents ne les verbalisaient pas quand ils avaient leur caducée sur le pare-brise.

Les professions libérales, qui bénéficiaient jusqu'à présent d'une tolérance des agents municipaux, doivent depuis la rentrée prendre un ticket ou payer au forfait : 5 euros la journée, 20 euros la semaine ou 60 euros par mois. Même chose pour les médecins, les kinésithérapeutes, les auxiliaires de vie mais aussi les dépanneurs par exemple, pour tous les commerçants itinérants en fait. Alors que pour les commerçants sédentaires, l'abonnement est à 40 euros par mois en zone orange.

Inadmissible estime le président du conseil interdépartemental de l'ordre des infirmiers, Jean-Baptiste Zubialde : "on ne comprend pas que des prestataires de service et de soins à la personne en milieu urbain soient assujettis à payer une taxe, et pas des moindres, à hauteur de 60 euros par mois, qui est aussi une atteinte à leur revenu puisque le déplacement est facturé 2,50 euros par intervention". Depuis la rentrée, le conseil de l'ordre reçoit chaque jour au moins deux appels d’infirmiers palois qui se plaignent de ces nouvelles mesures.

Christophe Piton est infirmier libéral dans l'hyper-centre de Pau depuis 8 ans, il ne décolère pas non plus. "Payer 60 euros par mois, c'est beaucoup, estime-t-il. Et en plus ça ne nous donne pas de place. Avec les travaux qu'il y a en ce moment dans Pau c'est déjà un véritable enfer pour se déplacer". Il regrette aussi le manque de concertation avec la mairie : " on est vraiment très blessé par leur attitude. Ce sont les ASVP (les agents de surveillance de la voie publique), qui sont venus nous voir pour nous prévenir gentiment qu'ils avaient reçu l'ordre de nous verbaliser".

On ne va plus pouvoir travailler sereinement, on va devoir partir - Christophe Piton, infirmier libéral

Il craint surtout d'être obligé de quitter le centre-ville, et compte sur la mobilisation de tous pour que la mairie reconsidère sa position. "Il faut que les gens comprennent que s'ils laissent passer ça, dans quelques années, ce sera la mort du centre-ville, explique Christophe Piton. Nous les professionnels de santé, on ne va plus pouvoir tenir. Si on est stressé à chaque fois qu'on se gare, ça ne va plus être possible. On va être obligé de partir".

La Mairie de Pau assure qu'il est impossible d'accorder des dérogations aux professions de santé, c'est interdit par la loi. Mais les professionnels verbalisés peuvent contester l'amende s'ils peuvent prouver qu'ils étaient chez un patient.

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