Société

"La jungle, c'était très dur", dit un jeune mineur afghan arrivé en Dordogne

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord jeudi 3 novembre 2016 à 16:29

Les jeunes afghans sont arrivés à Montignac
Les jeunes afghans sont arrivés à Montignac © Radio France - Antoine Balandra

Ils sont arrivés à Montignac... 39 jeunes adolescents mineurs et isolés de la jungle de Calais ont été pris en charge dans un centre de vacances du Périgord noir. 37 d'entre eux sont afghans, 2 sont irakiens. Et tous racontent les conditions de vie très difficiles à Calais.

Ils sont 39 exactement. 39 jeunes mineurs venus de la jungle de Calais. Ils se sont installés à Montignac dans la nuit de mercredi à jeudi. Les adolescents âgés de 12 à 17 ans ont trouvé refuge dans un centre de vacances de la ligue de l'enseignement. 37 d'entre eux sont afghans, deux sont irakiens.

Ils vont rester quelques semaines voire quelques mois. Le temps que le Royaume-Uni examine leur situation. Ceux qui ont de la famille sur place seront autorisés à traverser la Manche. Les autres seront pris en charge par l'aide sociale à l'enfance gérée et financée par le département. Ils seront ainsi pris en charge jusqu'à leur majorité.

Premier repas pour les jeunes afghans sous les yeux de la préfète de Dordogne - Radio France
Premier repas pour les jeunes afghans sous les yeux de la préfète de Dordogne © Radio France - Antoine Balandra

En attendant, c'est l'Etat qui finance tout. Les jeunes afghans ont été près en charge dès leur descente du bus par la Croix-Rouge qui a notamment vérifié qu'ils ne souffrent pas d'importants problèmes médicaux. La Croix Rouge va maintenant lister leurs besoins les plus urgents notamment en terme de vêtements.

Les jeunes Afghans vont pouvoir rester dans le centre de vacances situé en périphérie de Montignac jusqu'au mois de février maximum. Mais ils pourraient partir beaucoup plus vite. Les autorités britanniques diront si oui ou non elles les autorisent à franchir la Manche. Ceux qui ont de la famille sur place devraient pouvoir passer. Les autres pourraient devoir rester en France.

Reportage avec Youssef, jeune afghan de 15 ans et ses amis

Dans le centre de vacances, ils seront logés à deux ou trois par chambre, dans des chambres totalement rénovées, plutôt confortables. Ils auront accès aux douches, et seront nourris sur place. Ils devraient aussi apprendre le français. Des activités seront aussi proposées. En attendant, les jeunes Afghans sont pour la plupart un peu perdus, mais soulagés aussi.

"La jungle, c'était pas bien, il n'y avait pas de douches, pas de nourritures, aucune chance de passer en Angleterre... Il y avait aussi des gens qui se battaient" explique une jeune homme originaire d'une province à l'est de Kaboul

Tous expliquent que l'essentiel de leur famille est restée en Afghanistan. Mais certains ont un oncle, ou un frère qui travaille déjà en Angleterre.

Les jeunes migrants devant le centre de vacances de Montignac - Radio France
Les jeunes migrants devant le centre de vacances de Montignac © Radio France - Antoine Balandra

"C'est bien ici, mais nous sommes seuls ici, nous voulons aller retrouver notre famille" dit Youssef, un jeune afghan de 15 ans

Beaucoup n'ont pas de contact avec leur famille depuis plusieurs mois. "Il n'y a pas du tout de réseau là où vit ma famille en Afghanistan", dit Youssef. Leur programme en attendant la suite : des cours de français, les repas, trois fois par jour (les carottes râpées du premier repas de midi n'ont pas fait recette ce jeudi), le sport avec organisation de matchs de foot. Et puis surf sur internet et notamment sur Facebook pour ces ado malgré tout très "connectés". Tous promettent également d'apprendre aux éducateurs à jouer... au cricket, le sport national en Afghanistan.

Les chambres du centre de vacances où seront hébergés les jeunes migrants afghans - Radio France
Les chambres du centre de vacances où seront hébergés les jeunes migrants afghans © Radio France - Antoine Balandra