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La LICRA dénonce l'organisation d'un "camp d'été décolonial" à Reims

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu jeudi 25 août 2016 à 6:00 Mis à jour le jeudi 25 août 2016 à 14:38

Le "camp d'été décolonial" doit avoir lieu au centre interntional de séjour de Reims.
Le "camp d'été décolonial" doit avoir lieu au centre interntional de séjour de Reims. © Radio France - Sophie Constanzer

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme dénonce l'organisation à partir de ce jeudi 25 août, d'un "camp d'été décolonial" à Reims, réservé aux personnes qui subissent le racisme. Evénement discriminant selon la LICRA. La mairie proteste aussi.

Sur le site internet de l'événement, c'est dit clairement : est la bienvenue dans ce camp d'été décolonial à Reims "toute personne subissant à titre personnel le racisme d'Etat français". Au programme à partir de ce jeudi 25 août et pendant 4 jours : des ateliers et des formations pour par exemple, "combattre le racisme en milieu scolaire". Ce camp d'été décolonial est organisé dans un lieu privé, le centre International de Séjour à Reims (CIS) -qui accueille régulièrement des conférences- et 180 participants sont attendus pendant 4 jours.

Rien sur le site internet ne mentionne une interdiction de la présence des "blancs"

L'événement a donc bien lieu dans un lieu privé mais pour la présidente de la LICRA à Reims Noémie Michelin, le critère d'inscription est discriminant, selon elle : "une boîte de nuit c'est un environnement privé, pour autant s'il interdit l'entrée à des femmes, ou des personnes handicapées ou des personnes noires ou blanches, c'est discriminant... même si c'est privé, il y a quand même une notion d'illégalité du moment que ça touche un critère discriminatoire"'. Encore faut-il prouver que la couleur de peau a bien été un critère d'inscription, car rien sur le site internet du camp d'été décolonial n'est répréhensible en tant que tel par la justice. Conséquence : ni la mairie de Reims ni la préfecture de la Marne n'ont envisagé une interdiction. A moins d'un trouble à l'ordre public...

Je n'ai pas, moi, les moyens d'interdire la manifestation puisque ce n'est pas la ville qui gère les réservations... -- Arnaud Robinet, maire de Reims 

Mais le maire de Reims estime que la préfecture aurait pu faire quelque chose. "Je tiens à souligner que je n'ai jamais cautionné l'organisation d'un tel événement dans notre ville" explique Arnaud Robinet. Avant de mettre en cause la préfecture. "Il en va de la responsabilité de l'Etat... ", souligne le maire de Reims.

Le maire de Reims : "je n'ai pas les moyens d'interdire..."

Silence du côté des organisatrices de l'évènement 

De leur côté, les deux organisatrices du camp d'été décolonial ne souhaitent pas répondre. Elles refusent une quelconque interview. "Accès réservé aux participants, et c'est archi complet !" : la réponse est laconique via le réseau twitter. L'évènement doit débuter ce jeudi 25 août et se poursuivre jusqu'au dimanche 28 août.

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