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Santé – Sciences

La Lozère a besoin de recruter des médecins

-
Par , France Bleu Gard Lozère

Le département de la Lozère compte 55 médecins généralistes dont les deux tiers ont passé l'âge de prendre leur retraite.

En Lozère, neuf praticiens seront partis en retraite d'ici 2021
En Lozère, neuf praticiens seront partis en retraite d'ici 2021 © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Mende, France

Pour la Lozère, attirer et conserver des médecins généralistes est un combat permanent. Dans le département, neuf praticiens seront partis en retraite d'ici 2021. L’un d’eux va fermer son cabinet à la fin de l’année et n’a toujours pas trouvé son successeur. Dans son cabinet du centre de Mende, Marie-Odile Ferveur range ses dossiers. Il est 20h et elle termine à peine sa journée de travail. Après 40 ans à exercer la médecine en Lozère Marie-Odile, va prendre sa retraite à la fin de l’année.

"Je suis contente de partir à la retraite, mais je suis triste pour les patients, car ils ont du mal à trouver un nouveau médecin."

Il y a deux ans, Marie-Odile Ferveur aurait pu prendre sa retraite, mais faute de successeur, elle avait choisi de prolonger son activité. Aujourd’hui elle ne peut plus le faire. Marie Odile Ferveur veut convaincre un médecin de prendre la suite. "Il fait bon vivre en Lozère, indique-t-elle. Mes patients sont très gentils et le travail ne manque pas."

Marie Odile Ferveur a ouvert son cabinet il y a 36 ans.  - Radio France
Marie Odile Ferveur a ouvert son cabinet il y a 36 ans. © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Marie Odile Ferveur a ouvert son cabinet il y a 36 ans. Au fil des années, elle a noué un contact privilégié avec ses patients. Sa première patiente, Simone, a aujourd’hui 85 ans : "Je l’ai rencontrée le jour où elle est arrivée. Ensuite, elle est devenue le médecin de la famille. Elle s’est occupé de tous mes enfants et aujourd’hui elle s’occupe des petits enfants. C’est vraiment le docteur comme on l’aime. Elle est toujours là pour vous aider, pour vous rassurer."

Simone va devoir se trouver un autre médecin  - Radio France
Simone va devoir se trouver un autre médecin © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Simone va devoir trouver un autre médecin et en Lozère, ça ne court pas les rues. Le département compte 55 médecins généralistes, répartis sur un territoire de plus de 5.000 kilomètres carrés. Et, dans cette région à la faible densité de population, le ratio de médecins par habitant n'est pas le seul problème. S'y ajoutent les distances pour rejoindre un cabinet. Un chiffre d'autant plus inquiétant que le nombre de praticiens actuels n'est pas suffisant. Et parmi ses médecins, neuf seront partis en retraite d'ici deux ans.

Des aides pour attirer les médecins

Pour anticiper la prochaine vague de départs en retraite, le Conseil départemental a mis en place une série de dispositifs pour attirer de nouveaux médecins. Direction la commune de Châteauneuf-de-Randon dans le nord Lozère. Dans ce petit village de 400 habitants, il n’y avait plus de médecins depuis plusieurs mois. Christophe Bruez s’est installé il y a 18 mois. Pour le convaincre de venir, on lui a offert un an de loyer et il ne paiera pas d’impôt sur son activité pendant cinq ans.  

"C’est une aide rassurante et qui me permet de moins penser à l’avenir."   

Christophe Bruez s’est installé il y a 18 mois sur la commune de Châteauneuf de Randon dans le nord Lozère - Radio France
Christophe Bruez s’est installé il y a 18 mois sur la commune de Châteauneuf de Randon dans le nord Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Pour les collectivités confrontées aux déserts médicaux, attirer et conserver des médecins généralistes est un combat permanent. La Lozère verse par exemple des bourses aux étudiants en médecine : 700 euros par mois pendant leurs trois années d'internat. En échange, ils s'engagent à venir travailler au moins cinq ans dans le département. Des années de loyers offerts, des exonérations d’impôts, de l’agent pour payer des secrétaires et la concurrence avec l’autre département sont rudes. 

En Lozère, il faudrait dans l’idéal quinze médecins supplémentaires pour assurer une bonne couverture du territoire, 15 en plus des 55 déjà présents, mais l’objectif à court terme est de trouver au moins neuf médecins d’ici deux ans pour remplacer les départs à la retraite. 

Le reportage de Said Makhloufi

Des médecins nombreux, mais mal répartis

Quelque226.000 médecins étaient en activité au 1er janvier 2018. Un record absolu. Sauf que les disparités entre territoires n’ont jamais été si fortes. Des disparités qui se sont accentuées sur la période 2007-2015 : les effectifs de médecins n’ont cessé de diminuer dans les départements les moins pourvus, et ont continué d’augmenter dans ceux dont la densité médicale dépassait déjà la moyenne nationale. Une aberration. 

Ainsi, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste peut varier du simple au double selon la zone où on se trouve : 79 jours d’attente pour un rendez-vous ophtalmo dans les zones de faible accessibilité, contre 40 jours dans celles les mieux dotées. 

La France a perdu près de 6.500 médecins en huit ans. Un déficit qui touche les campagnes et les grandes villes.

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