Société

La mairie de la Verpillière ne veut pas accueillir plus de migrants

Par Céline Loizeau, France Bleu Isère mercredi 14 septembre 2016 à 22:30

Patrick Margier, le maire UDI de la Verpillère.
Patrick Margier, le maire UDI de la Verpillère. © Maxppp -

Alors que le gouvernement souhaite évacuer 12.000 migrants de la jungle de Calais vers d'autres coins de France, la préfecture de région fait savoir que l'Isère devra en accueillir 250. Au nord du département, à la Verpillière, le maire UDI, Patrick Margier se dit inquiet.

À la Verpillière, dans le Nord Isère,  la commune doit accueillir ses premiers migrants dans les deux prochaines semaines : 20 personnes célibataires. L'ex bâtiment du CADA (Centre d'Accueil de Demandeurs d'Asile) a été entièrement rénové ces derniers mois par l'État à hauteur d'un million d'euros. Des Syriens, des Afghans, des Érythréens et des Kurdes fuyant la guerre y seront logés pendant plusieurs mois. La commune va ainsi accueillir progressivement 140 personnes. Un choix "imposé par l'État" rappelle le maire UDI, Patrick Margier, qui l'accepte cependant. "La Verpillière a toujours été une terre d'accueil, mais 140, c'est beaucoup pour une petite commune comme la nôtre", précise Patrick Margier. La Verpillière compte environ 6.400 habitants.

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La crainte qu'un effort supplémentaire nesoit demandé à la commune

La mairie craint qu'avec le démantèlement annoncé de la jungle de Calais et la répartition de plusieurs milliers de migrants partout en France, elle ne doive finalement accueillir plus de personnes. D'autant que le bâtiment en question peut héberger environ 110 personnes de plus selon la mairie. Pour la première adjointe, Pascale Bidart, "le bâtiment n'a pas été complètement réhabilité pour en occuper qu'une partie". Même si aujourd'hui aucune annonce n'a été faite dans ce sens, la mairie prévient déjà qu'elle s'opposera à un éventuel effort supplémentaire.  Le maire va d'ailleurs l'écrire au préfet, ainsi qu'au président de la Région, Laurent Wauquiez, et celui du département, Jean-Pierre Barbier.

140 migrants à terme dont 60% de familles

La commune de la Verpillière explique que, pour elle, l'accueil de 140 personnes est déjà compliqué à gérer. Dès novembre, les premiers enfants doivent arriver et ils seront à priori nombreux, puisqu'il y aura 60% de familles. Il faut leur trouver des places dans les écoles. La commune en a trois, mais il y a des travaux dans l'une et dans une autre les enfants sont déjà dans des locaux temporaires. "Comme nous n'avons pas de la place pour tous les accueillir, nous, commune, nous nous sommes débrouillés seuls avec nos voisins de Villefontaine, Saint-Quentin-Fallavier et l'Isle-d'Abeau pour trouver des solutions pour la scolarisation et l'intégration totale de ces enfants", confie la première adjointe, également en charge des affaires scolaires. Autant de nouveaux venus sur sa commune avec des parcours différents, des histoires difficiles, ça ne sera pas sans poser de soucis en matière d'emploi, de sécurité selon le maire. Il craint également des incivilités et des tensions avec une partie de la population. Certains habitants envisageraient de manifester contre l'arrivée de ces migrants et il est souvent interpellé sur ce dossier.

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Le sentiment d'être abandonnés par l'État 

Ces élus dénoncent l'absence de concertation et le manque d'informations de la part de l'État. Concernant le financement, toujours d'après le maire, cet accueil ne sera pas sans conséquence pour sa ville. L'État doit verser 1.000 euros par place, mais pour lui, ça ne couvrira pas tous les frais que sa commune va devoir engager. L'hébergement est pris en charge par l'État et six salariés d'Adoma, structure spécialisée, accompagneront les réfugiés dans leurs démarches pour le compte de l'État.

Reportage avec le maire et sa 1ere adjointe