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Société

Cherbourg : maison d'arrêt cherche visiteurs de prison

dimanche 18 février 2018 à 20:26 Par Olivia Cohen, France Bleu Cotentin

La maison d'arrêt de Cherbourg lance un appel à candidatures pour devenir visiteur de prison. Sur les deux prisons manchoises, seule celle de Coutances propose ce dispositif, absent à Cherbourg faute de bénévoles.

La maison d'arrêt de Cherbourg ne dispose d'aucun dispositif tandis que la maison d'arrêt de Coutances travaille avec 3 visiteurs de prison
La maison d'arrêt de Cherbourg ne dispose d'aucun dispositif tandis que la maison d'arrêt de Coutances travaille avec 3 visiteurs de prison © Maxppp - Christine Hart

Cherbourg-Octeville, Cherbourg-en-Cotentin, France

Le visiteur de prison est un élément crucial, favorisant la réinsertion des détenus à leur sortie et permettant de limiter la récidive. Sur les deux prisons manchoises, seule celle de Coutances propose ce dispositif, absent à Cherbourg faute de bénévoles. Le SPIP de la Manche, Service pénitentiaire d'insertion et de probation, lance donc un appel à candidatures : pour devenir visiteur de prison, il faut être majeur, avoir un casier judiciaire vierge et être disponible une fois par semaine. Il suffit d'envoyer une lettre de motivation ou d'appeler le siège de la SPIP à Coutances.

"Le visiteur de prison, il vous aide à prendre conscience de certaines choses"

Pascal fait partie des 50 personnes actuellement en détention pour quatre à six mois en moyenne à la maison d'arrêt de Cherbourg. Selon ses propres mots, Pascal est ici parce qu'il a fait "une connerie". On n'en saura pas plus. Condamné à six mois de prison, il lui reste encore trois mois à tirer. Personne ne le réclame au parloir car sa famille habite loin. Les heures sont parfois longues, les idées noires peuvent tourner en boucle mais Pascal n'a pas envie de tout raconter à ses collègues de cellule. Il y a bien les entretiens avec le psychologue, mais ça ne le met pas toujours à l'aise : "Le psy, c'est un médecin, il ne réagit pas alors qu'avec un visiteur, on se sent plus sur un pied d'égalité." 

Les visiteurs de prison font du bien aux détenus et à la société | Réécoutez le reportage à la maison d'arrêt de Cherbourg

À 57 ans, cet ancien pâtissier est déjà passé plusieurs fois par la case prison. Lors d'un précédent séjour dans une autre maison d'arrêt, Pascal avait une visiteuse : "C'est devenu une amie !" Une amitié qui lui a fait beaucoup de bien : "Le visiteur, il vous aide à prendre conscience de certaines choses, il vous secoue un peu et il vous pousse à avoir des projets pour la suite." Pascal a même pu rendre la pareille à sa visiteuse : "Elle venait de perdre un proche, je l'ai écoutée aussi, ça l'a soulagée et ça m'a permis de réaliser que je n'étais pas le plus malheureux."

"Les détenus sont nos futurs voisins, il faut les aider à se réinsérer"

À Coutances, ils sont trois visiteurs de prison dont Bernard, 72 ans, qui officie depuis 12 ans : "Il faut être bien dans sa peau pour faire ça, laisser ses soucis à la porte et surtout, ne pas juger celui qu'on rencontre." Actuellement, il visite trois détenus tous les mercredis matins : "On n'est pas là pour donner des conseils mais pour écouter, sans jugement." Être visiteur de prison n'est pas toujours bien perçu, Bernard est souvent confronté aux préjugés, même au sein de sa propre famille : "Je peux seulement en parler à mon épouse !" Pour lui, il faut que le regard sur les détenus changent : "Ils sont nos futurs voisins, il faut les aider à se réinsérer. Je fais ça pour la société. Et puis, si je me retrouvais en prison, j'aimerais bien que quelqu'un vienne me rendre visite."

"Tout ce qu'ils me confient reste entre eux et moi"

Pour Loïc Kapinski, directeur du SPIP de la Manche, il est impératif que les visiteurs de prison soient bénévoles : "Sinon ça fausserait le dispositif ! Il faut que ce soit des personnes extérieures à l'univers carcéral, si on les salarie, ils deviennent membres de l'administration pénitentiaire." Bernard confirme : "En tant que visiteur de prison, je n'ai aucun compte à rendre à l'administration et j'insiste bien sur ce point auprès des détenus. Tout ce qu'ils me confient reste entre eux et moi."

Les candidats qui se seront signalés seront reçus en entretien. Une fois leur candidature validée, ils bénéficieront d'une formation de la part de l'Association nationale des visiteurs de prison et devront se rendre disponibles une fois par semaine pour accompagner le détenu jusqu'à sa sortie.

Les lettres de motivation sont à adresser au siège du SPIP de la Manche : 7, rue Eléonor d'Aubrée, 50 200, Coutances.

Ce reportage était le fait du jour de France Bleu Cotentin du lundi 19 février 2018.