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Société

La maison d'arrêt de Dijon bientôt équipée de téléphones fixes dans les cellules

jeudi 8 novembre 2018 à 16:32 Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne et France Bleu

A partir du 6 décembre, les détenus de la maison d'arrêt de Dijon (Côte-d'Or) pourront téléphoner à leurs proches depuis leur cellule. Cette mesure concerne toutes les prisons et maisons d'arrêt en France. Les syndicats pénitentiaires sont partagés sur le bien-fondé de cette mesure.

Une cabine téléphonique pour les détenus dans un couloir du centre pénitentiaire de Nancy
Une cabine téléphonique pour les détenus dans un couloir du centre pénitentiaire de Nancy © Radio France - Alexandre Marchi

Dijon, France

Le projet avait été annoncé au début de l'année par la ministre de la justice. Pour lutter contre le trafic de téléphone portable dans les prisons, Nicole Belloubet souhaitait mettre en place des téléphones fixes dans 50 000 cellules avant la fin 2018. 

40067 portables saisis dans les prisons

Cela fait plusieurs années que l'administration pénitentiaire cherche la solution pour mettre fin à la prolifération des téléphones portables dans les prisons : "le portable est interdit dans les cellules, mais beaucoup de détenus parviennent à se procurer un appareil et continuent leurs trafics de leur cellule," affirment les syndicats pénitentiaires. En 2017, 40 067 portables ont été saisis dans les prisons en France. 

Un téléphone portable jeté par dessus les murs de la prison de Sequedin dans le Nord  - Maxppp
Un téléphone portable jeté par dessus les murs de la prison de Sequedin dans le Nord © Maxppp - C.Lefebvre/ Voix du Nord

Les surveillants pénitentiaires divisés sur la question

A Dijon, les détenus pourront passer leur appels téléphoniques depuis leur cellule à partir du 6 décembre. "On va commencer à tirer des câbles téléphoniques mi-novembre," affirme les syndicats plutôt partagés sur le bien-fondé de la mesure. 

Pour Pascal Sabourault, secrétaire interrégional du syndicat FO pénitentiaire, "comment fera-t-on pour contrôler ou écouter les conversations des détenus le soir entre 20 heures et 21 heures," s'interroge le syndicat.

"Comment va-t-on pouvoir écouter les conversations si on met un téléphone dans chaque cellule ?" — Pascal Sabourault, secrétaire interrégional du syndicat FO pénitentiaire

En mettant en place les téléphones fixes, la ministre de la justice souhaite que les détenus gardent un lien avec leurs proches et leurs familles. "Si on veut que la mesure soit efficace, il faut aussi plus de surveillants dans les prisons" annonce le syndicaliste qui ajoute que "les téléphones fixes ne vont pas stopper les trafics de téléphones portables dans les prisons, les détenus vont continuer à filmer et à aller sur internet". 

Pascal Sabourault FO pénitentiaire: "même avec les téléphones fixes, certains détenus pourront continuer leurs trafics depuis leur cellule."

"Chaque détenu devra fournir une liste de quatre à cinq numéros à l'administration qui pourra contrôler la destination des appels" — Thierry Cordelette, délégué régional du syndicat UFAP

Sur la question des téléphones fixes dans les cellules, la position de l'UFAP, le syndicat majoritaire chez les surveillants de prison, est plus nuancée. "On est favorable à l'installation des téléphones fixes dans les cellules à condition que ce soit fait dans les conditions annoncées par la ministre," affirme Thierry Cordelette, délégué régional de l'UFAP en Bourgogne-Franche-Comté. 

Thierry Cordelette UFAP : "à partir du moment où le détenu fourni le nom du destinataire, on est plus sécurisé sur l'appel téléphonique"

"Chaque détenu devra fournir quatre ou cinq numéros à l'administration qui vérifie la destination des appels. Il faut également lutter contre l'introduction et l'utilisation des téléphones portables dans les prisons en installant des brouilleurs de portables plus récents."