Société

La maison de la presse de la Ferté-Bernard va fermer ses portes

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine jeudi 8 septembre 2016 à 16:46

La maison de la presse rue Carnot, à La Ferté-Bernard était la dernière boutique proposant un large choix de journaux en centre-ville
La maison de la presse rue Carnot, à La Ferté-Bernard était la dernière boutique proposant un large choix de journaux en centre-ville © Radio France - Marie Mutricy

C'était la maison de la presse historique et surtout la seule boutique a présenter de nombreux journaux différents dans le centre-ville de La Ferté-Bernard. Mais les gérants n'ont pas trouvé de repreneurs et ferment à la fin du mois.

"Où on va aller ?" se désole Maryse. Cette habitante du centre-ville de La Ferté-Bernard a toujours connu une maison de la presse, rue Carnot. "Depuis que j'habite ici, c'est toujours là que je vais acheter mes journaux et mes magasines" souligne l'amatrice de broderie. Mais les gérants de l'établissement depuis sept ans n'ont pas trouvé de repreneurs et mettent donc fin à leur activité à la fin du mois de septembre. Les boutiques des centre-villes en difficulté, ce n'est pas l'apanage de La Ferté...Procos, fédération de 260 enseignes en France pointe chaque année le problème. Dans les villes comptant entre 50.000 et 100.000 habitants, le "taux de vacance" c'est-à-dire le nombre de magasin sans activité atteint 10% en moyenne.

La seule maison de la presse dans le centre-ville

"Moi, ça fait partie de mon quotidien" raconte Véronique, qui vient tous les jours chercher son journal. Un "essentiel" dans sa vie. "Il avait vraiment une place essentielle. Je suis triste pour lui et je suis triste pour la ville". Alain appréciait le service : "c'est quand même ennuyeux, moi j'aimais bien pour faire des photocopies". Mais ce parisien installé depuis trois ans à La Ferté-Bernard reconnaît qu'il ne venait pas souvent. "Quand je suis chez Leclerc, je prends mes magazines chez Leclerc. Mais si la maison de la presse ferme, je serais obligé, du coup." Les autres boutiques ne proposent qu'un ou deux journaux locaux.

La concurrence des zones commerciales

Dans la rue, de nombreux commerçants sont toujours en activité : restauration rapide, crêperie, pharmacie, magasin de lingerie. La boutique Lutèce est l'une des plus anciennes du centre-ville selon sa gérante, Chantal. Elle regrette l'ouverture des zones commerciales. "Il n'y en avait pas il y a trente ans ! C'est le soucis maintenant. Ca fait déserter les centre-villes. C'est pas que chez nous, c'est partout". Et le gérant de Subway, dans la même rue, reconnaît : "plus il y a de commerces plus le centre-ville bouge. C'est dommage qu'un commerçant parte".