Société

La maison de retraite pour éléphants est en passe de se concrétiser en Haute-Vienne

Par Nicolas Tarrade, France Bleu Limousin et France Bleu lundi 21 août 2017 à 12:18

Tony et Sofie sont soulagés par le feu vert des autorités sanitaires
Tony et Sofie sont soulagés par le feu vert des autorités sanitaires © Radio France - N.T

Les voyants sont au vert. L'histoire de cette maison de retraite pour éléphants en Haute-Vienne prend forme peu à peu. Sofie et Tony sont soulagés. Feu vert des autorités sanitaires. C'est une nouvelle étape de franchie. Ils peuvent maintenant compter sur le soutien d'André-Joseph Bouglione.

"C'est un projet qui est nouveau pour la France, ce n'était pas facile de tout organiser, mais on y est arrivés", souligne le couple belge, soulagé. Avant d'arriver en Haute-Vienne, Tony et Sofie étaient soigneurs au zoo d'Anvers, en Belgique. Tout part de là. A l'époque, l'idée d'un sanctuaire pour éléphants à Saint-Nicolas Courbefy n'a pas encore germé.

Après des voyages aux États-Unis, en Asie, en Europe Centrale, leur route prend la direction du Limousin. "Ici, c'était l'équilibre parfait. Le prix du terrain était le moins cher. En plus, le climat est idéal pour les éléphants. Ni trop chaud, ni trop froid", explique Tony, tout sourire. L'aventure commence ici. C'était en 2015. Depuis, le couple belge a la tête dans les dossiers administratifs.

Le premier éléphant pour 2018

En attendant les vrais pachydermes - Radio France
En attendant les vrais pachydermes © Radio France - N.T

Quelques dizaines de bottes de foin sont déjà stockées dans la grange. Pourtant, le premier animal est loin d'être arrivé. De nombreux détails restent à finaliser. "C'est difficile. Tout est nouveau pour nous. La langue, les papiers. Avant, on était juste des soigneurs pour animaux, on nettoyait leurs crottes. Maintenant, on sait faire des dossiers de plusieurs centaines de pages", avoue Sofie Goetghebeur.

"Elephant Haven" peut désormais compter sur le soutien d'André-Joseph Bouglione, l'un des petits-fils du fondateur du Cirque Bouglione. L'ancien dompteur de fauves a pris les devants. Il ne veut plus d'animaux dans les cirques. Il souhaite réinventer le cirque traditionnel. Le projet "Elephant Haven" est une bénédiction.

Le champ de 29 hectares bientôt à disposition des éléphants - Radio France
Le champ de 29 hectares bientôt à disposition des éléphants © Radio France - N.T

Selon un récent sondage, près de 80% des français interrogés se disent favorables à la cause animale. Parmi eux, de nombreux jeunes. "C'est notre futur public, dans dix ans, ce seront les gens qui amèneront peut-être leurs enfants au cirque. Et si eux condamnent l'exploitation commerciale des animaux, il faut anticiper cette situation, et essayer de créer une transition", estime André-Joseph Bouglione. "Si l'État décide un jour de faire voter une loi contre l'exploitation des animaux, on ne saurait pas quoi en faire. Cela provoquerait de véritables drames. On serait obligé, au bout d'un moment, d'euthanasier tout un cheptel", ajoute l'ancien dompteur de fauves. L'idée est donc de créer des sanctuaires pour animaux. "Elephant Haven" est en soi une sorte de maison de retraite pour pachydermes.

Mais il reste encore de nombreux détails à régler pour le couple belge. Le feu vert des autorités sanitaires n'est qu'un premier pas. La route est encore longue. Le premier pachyderme est attendu en 2018.

"Elephant Haven" est en passe de se concrétiser