Société

La mère de Daris pourra aller enterrer son fils au Kosovo et revenir à Besançon

Par Naïs Esteves, France Bleu Besançon vendredi 1 septembre 2017 à 19:35

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Illustration © Maxppp - Jean-François OTTONELLO

La mère de Daris Azemi, 7 ans, mort noyé dimanche 27 août à la piscine de Chalezeule, pourra aller enterrer son fils au Kosovo. En situation irrégulière, elle s’inquiétait de ne pas pouvoir revenir à Besançon après le voyage mais le préfet du Doubs "ne s'oppose pas au retour de Madame Azemi".

Vjollca Azemi, la maman de Daris qui est mort noyé dimanche 27 août à la piscine de Chalezeule, souhaitait assister au l'enterrement de son fils au Kosovo prévu mardi 5 septembre. Mais cette mère, en situation irrégulière, s’inquiétait de ne pas pouvoir revenir à Besançon, retrouver son mari et ses deux autres enfants de 15 et 13 ans. La préfecture du Doubs annonce qu'elle "ne s'oppose pas au retour de Madame Azemi". Les associations qui se sont mobilisées avec une pétition en ligne restent sceptiques et demandent un vrai laissez-passer.

La maman de Daris Azemi pourra revenir à Besançon, où elle vit depuis 2014, si elle se rend au Kosovo pour l'enterrement de son fils. En tout cas, le "préfet ne s'oppose pas" à son retour, annonce la préfecture du Doubs dans un communiqué. Concrètement, si le consulat du Kosovo demande l'avis de la préfecture pour le retour de cette dame, il sera favorable. "Mais si le consulat ne demande rien ?", s'interroge Viviane Camus du Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers (CDDLE). Avec le Réseau Education sans Frontières du Doubs, et le Collectif Solmiré (Solidarité Migrants Réfugiés), le CDDLE s'est mobilisé sur cette affaire avec une pétition en ligne et la demande d'un laissez-passer. Ces associations doivent faire le point avec la famille et surtout la mère, "c'est elle qui prendra la décision de partir ou pas", conclue Viviane Camus. Son mari, lui ne pourra pas rentrer au Kosovo car il est menacé de mort dans son pays. "La famille de sa femme assurera sa protection 24h/24 si elle y va mais ne peut pas le faire pour les quatre membres".

Un logement décent pour la famille

En plus de ce laissez-passer pour le voyage aller-retour au Kosovo pour l'enterrement de Daris, les associations demandent un logement décent pour la famille à Besançon. La mairie n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. "On leur a juste proposé une chambre au Formule 1. Ça nous paraît peu approprié dans la situation de la famille. Ils sont quatre dans une angoisse, une affliction terrible. En plus, le petit Daris, c'était le petit dernier, il était malade, il était fragile. La famille a pris un coup très violent. Donc il nous semble tout à fait inapproprié de leur proposer d'aller au Formule 1, les transports sont compliqués, il n'y a pas de salle de bain dans la chambres, ça ne nous semble pas décent compte tenu des circonstances", argumente Viviane Camus. Pour le moment, la famille est logée chez des Kosovars de Besançon, dans un petit appartement. Les Azemi travaillaient à une demande de réexamen de sa demande d'asile.

Viviane Camus : "Ça ne venait à l'idée de personne qu'on pouvait, après un drame pareil, rajouter de l'inhumanité à la souffrance".