Société DOSSIER : L'affaire Merah

La mère de la première victime de Merah devant des étudiants de Vienne

Par Céline Loizeau, France Bleu Isère lundi 7 novembre 2016 à 20:31

Latifa Ibn Ziaten enchaîne les interventions dans les écoles, les prisons, les quartiers
Latifa Ibn Ziaten enchaîne les interventions dans les écoles, les prisons, les quartiers © Radio France - Céline Loizeau

Depuis la mort de son fils, tué par Mohammed Merah le 11 mars 2012, Latifa Ibn Ziaten multiplie les interventions dans les écoles, les quartiers. Elle se bat contre la radicalisation et est une fervente avocate du vivre ensemble. Elle a témoigné au lycée Robin de Vienne, ce lundi.

Latifa Ibn Ziaten est la mère de la première victime de Mohammed Merah, le 11 mars 2012, à Toulouse. Son fils, Imad, un sous-officier parachutiste, avait 30 ans. Il a été tué comme six autres personnes ensuite par Merah, un jeune radicalisé qui fait alors basculer la France dans une nouvelle forme de terrorisme. Ce dernier est tué lors de l'assaut du Raid chez lui le 22 mars.

Une combattante du "vivre ensemble"

Depuis, Latifa Ibn Ziaten a créé une association, ouvert un centre de dé-radicalisation en région parisienne. Elle intervient dans les écoles, les prisons, auprès des jeunes, de leurs parents. Elle était ce lundi après-midi au lycée Robin de Vienne, établissement catholique, devant 200 élèves de Bac Pro et de BTS. Celle qui veut lutter contre la radicalisation et souhaite promouvoir le "vivre ensemble" est venue avec plusieurs messages : dire à ces jeunes que la religion n'a rien à voir avec le terrorisme, qu'il faut apprendre à se connaître pour se comprendre, écouter les autres pour les aider quand ils en ont besoin. Elle raconte que pour elle, ce sont surtout les parents qui sont responsables. Ce sont eux qui doivent écouter leurs enfants, les aider à grandir, leur donner de l'amour.

Digne, elle raconte ne pas avoir de haine à l'égard de Mohammed Merah. Elle lui a même pardonné "pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il a fait." Pour elle, c'était un jeune homme abandonné, à la dérive, "qui n'avait rien de religieux." Quelques jours après le drame, elle a tenu à aller à Toulouse pour savoir qui était celui qui lui avait pris son fils.

"Pour mon fils, pour les autres, je ne baisserai jamais les bras"

Un discours de tolérance, d'apaisement, assez rare dans le contexte actuel, apprécié ce lundi par les enseignants présents et les jeunes. "Ça donne que de l'espoir, pour moi c'est que comme ça qu'on peut aller de l'avant", explique José, l'un des étudiants qui a tenu à dire quelques mots à Latifa Ibn Ziaten à la fin de son intervention.

Alors que depuis les tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, les drames se sont multipliés et alors qu'on va commémorer dimanche prochain le 1er anniversaire des attentats du 13 novembre, Latifa Ibn Ziaten raconte que pour elle témoigner est indispensable : "On doit vivre ensemble dignement, le dialogue est important. Pour mon fils Imad, pour les autres, je ne baisserai jamais les bras."

Reportage avec Latifa Ibn Ziaten et certains étudiants

En savoir plus sur l'action de Latifa Ibn Ziaten

Cette intervention a été suivie par quelque 200 étudiants mais aussi des enseignants du Lycée Robin. - Radio France
Cette intervention a été suivie par quelque 200 étudiants mais aussi des enseignants du Lycée Robin. © Radio France - Céline Loizeau