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La mosquée de la Paix à Châtellerault s'ouvre au public

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Par , France Bleu Poitou
Châtellerault, France

Journée portes ouvertes samedi 28 novembre à la mosquée de la Paix à Châtellerault, dans la Vienne. Toute personne, quelque soit sa religion, était la bienvenue. Le but : découvrir et comprendre l'Islam pour lutter contre les amalgames dont souffre encore la communauté musulmane.

Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel.
Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel. © Radio France - Adrien Bossard

L'accueil est chaleureux. "Bonjour, faites comme chez vous. Entrez, enlevez vos chaussures et installez-vous. Vous voulez un petit thé ?" Les fidèles sont aux petits soins avec la cinquantaine de non-musulmans présente à cette journée portes ouvertes. 

Une opération décidée après les attentats de Paris pour éviter certains raccourcis. "Islam = islamisme", "Les musulmans, vous êtes tous des terroristes". Voici ce que Mohammed Henni-Chebra, le président de la mosquée de la Paix, à Châtellerault, entend très régulièrement. Et encore plus depuis les attentats de Paris, il y a deux semaines, où les terroristes ont revendiqué leur tuerie au nom d'Allah (Dieu en arabe).

Les chaussures restent à l'entrée.
Les chaussures restent à l'entrée. © Radio France - Adrien Bossard

"Ces gens là, ils n'ont rien à voir avec l'Islam. On ne devrait même pas les appeler des islamistes. Dans islamisme, il y a Islam, après les gens confondent. Ce sont des terroristes, des criminels, point barre", s'emporte Mohammed Henni-Chebra. 

"On est resté entre nous trop longtemps. Là, il faut s'ouvir, parler haut et fort", Mohammed Henni-Chebra

 Le président de la mosquée le sait. La communauté musulmane, pourtant très présente à Châtellerault, "bien intégrée" , souffre encore d'un déficit d'image. D'une image "erronée".  Ibrahim, un fidèle de la mosquée de la Paix n'a cesse de se justifier. "Dés que je vais quelque part, on me demande mon origine, d'où je viens. Moi je suis français. Musulman et français, ça existe. Je travaille dans une entreprise, j'ai une famille, je suis monsieur "Tout le Monde" et j'en suis fier".

Mohammed Henni-Cebra en convient cependant. "On ne s'ouvre pas assez. On est resté entre nous trop longtemps. Là, il faut s'ouvrir, parler haut et fort. Dire que l'on condamne ce qui s'est passé à Paris. Il n'y a rien de pire que le silence. Les gens l'interprètent après."

"Il faut s'ouvrir aux non-musulmans", Mohammed Henni-Chebra

"Vous faîtes peur à beaucoup de gens", Catherine, une Catholique

Face au public, le président de la mosquée prend la parole. "Salah maleykoum. Que la paix soit avec vous." Il présente les lieux, explique les principes de l'Islam, les cinq prières par jour notamment, et très vite en vient aux attentats de Paris.

D'habitude, sur les tapis de prière, pas de chaises. Elles ont été rajoutées.
D'habitude, sur les tapis de prière, pas de chaises. Elles ont été rajoutées. © Radio France - Adrien Bossard

Mohammed Henni-Chebra invoque un verset d'une sourate, inscrit dans le Coran."Quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière." Il précise qu'il condamne "fermement" les attentats de Paris, que "les musulmans ne se reconnaissent pas dans ces criminels-là", il n'empêche, certaines personnes ont besoin de réponses. "Vous faîtes peur à beaucoup de gens. On constate qu'il y a une branche de plus en plus intégriste qui prend de l'ampleur au sein des mosquées. Vous comptez faire quoi ?", s'interroge Catherine, Catholique pratiquante, et qui vient pour la première fois dans une mosquée.

Communiquer encore et toujours 

Face au micro, Mohammed Henni-Chebra, s'explique. "Il y a sans doute un problème avec la formation des imams. Beaucoup sont formés ailleurs et débarquent en France par la suite. Peut-être doit-on changer cela." 

Après une heure de discussion avec le public, l'opération portes ouvertes se termine. Elle sera renouvelée.   Car ce samedi, les musulmans ont pu mesurer qu'il y a encore fortement besoin de communiquer, de rassurer pour éviter les amalgames, lutter contre la peur de l'autre. Une façon de prôner le vivre-ensemble. 

Le reportage d'Adrien Bossard.

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