Société

A la mosquée de Montfermeil, les femmes ne pourront pas prier ce vendredi

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région vendredi 30 décembre 2016 à 5:10

La mosquée de Montfermeil
La mosquée de Montfermeil © Radio France - Rémi Brancato

Condamnée en justice, l'association musulmane qui gère la mosquée de Montfermeil a détruit ce mardi un escalier extérieur, construit illégalement. Pour la prière du vendredi les femmes ne pourront donc pas accéder à leur salle de prière. Conséquence d'un long litige avec le maire.

"Les femmes qui veulent venir prier ne peuvent plus le faire, ça nous fait mal au coeur", regrette Farid Kachour, le porte parole de l'association cultuelle des musulmans de Montfermeil (ACMM), devant le lieu où se trouvait cet escalier extérieur au pavillon qui abrite la mosquée de Montfermeil depuis 15 ans environ. L'escalier a été détruit mardi, car l'ACMM a été condamnée à plusieurs reprises par la justice, depuis 2012, suite à des actions intentées par le maire (PCD) Xavier Lemoine.

Les anciens gérants de la mosquée avaient construit plusieurs extensions sans autorisations. Les nouveaux ont du détruire plusieurs extensions et notamment une salle qui permettait d'accueillir des fidèles. Le maire Xavier Lemoine dit ne pas vouloir "polémiquer" à ce sujet et répond simplement vouloir faire respecter le code de l'urbanisme et les règles de sécurité pour l'accueil du public. Il rappelle les nombreuses condamnations "sévères" pour la plupart souligne-t-il.

L'association craint une fermeture de la mosquée le 18 janvier

Le 18 janvier, l'association est d'ailleurs assignée au tribunal de grande instance de Bobigny pour exiger une application de l'interdiction d'accueil du public. Pour les gérants de l'association, cela signifie simplement une fermeture du lieu de culte. "On ne sait pas si c'est vraiment pour la sécurité des gens, à mon avis c'est pour nous empêcher de faire la prière" s'interroge Mohammed, l'un des fidèles à la sortie de la prière.

"Il risque d'y avoir un certain nombre de femmes à qui on va demander de rebrousser chemin" Farid Kachou de l'ACMM

Les gérants de l’association craignent, eux, de devoir fermer alors qu'aucun autre lieu de cette taille n'existe dans la ville et que le projet de mosquée, dont la construction a débuté cet été, n'est pas encore réalisé. "On pensait naïvement que le maire nous laisserait le temps de terminer la construction" regrette Farid Kachour. Le maire Xavier Lemoine rappelle avoir signé le permis de construire et donc donné son accord à cette future mosquée.

Mais pour Farid Kachour, le risque c'est que ce projet aussi soit menacé, si le pavillon actuel ferme ses portes. "Ce qu'on craint c'est que le projet de construction se retrouve stoppé, puisque ce batiment est l'endroit dans lequel on faisait l'appel aux dons" estime-t-il. Pour l'instant l'ACMM n'a recueilli que la moitié des 4 300 000 euros nécessaires à la construction. L'association a lancé une pétition pour demander le maintien de la mosquée actuelle. 1 millier de personnes ont déjà signé.

L'association, condamnée en justice, a détruit l'escalier d'accès pour les femmes. Rémi Brancato