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A la réunion publique des Pieux, la nouvelle piscine d'EDF fait des remous

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Par , France Bleu Cotentin

Dans le cadre d'une concertation préalable sur le projet de piscine EDF d'entreposage de combustibles usés sur le site d'Orano La Hague, une réunion publique a rassemblé environ 80 personnes ce mardi soir aux Pieux. Certains participants n'ont pas caché leur amertume et leurs inquiétudes.

Environ 80 personnes ont participé à cette deuxième réunion publique ce mardi soir aux Pieux
Environ 80 personnes ont participé à cette deuxième réunion publique ce mardi soir aux Pieux © Radio France - Pierre Coquelin

L'ambiance était électrique ce mardi soir à l'espace culturel des Pieux. Pendant près de deux heures, EDF, porteur d'un projet de piscine d'entreposage de combustibles usés sur le site Orano La Hague, a présenté les principaux axes de cette installation. Dans la salle, près de 80 personnes : des élus, professionnels du nucléaire, syndicalistes, associations antinucléaires, riverains... Cette deuxième réunion publique en présentiel était organisée dans le cadre de la consultation préalable au projet. 

"C'est quoi le plan B ?"

Les schémas défilent sur les écrans, au gré des explications. Dans la salle, certains trépignent. "ça fait une heure que vous parlez... On aimerait bien avoir la parole !" lance une participante. Un autre fait le comparatif avec un autre chantier des environs, l'EPR de Flamanville : "Feriez-vous confiance à une entreprise qui présente une facture sept fois plus importante que le devis initial ?". Risques de fuites radioactives, impact sur le paysage... A la tribune, des représentants d'EDF, de l'Etat, de l'Autorité de sureté nucléaire et de l'Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) tentent de répondre aux interrogations. 

Il y a une chose qui me choque : si ça ne se fait pas à La Hague, c'est quoi le plan B ? Parce que si c'est pour nous expliquer ce soir que votre plan là, c'est celui qu'on doit avaler, faut le dire tout de suite - Un habitant de La Hague

Un projet qui avait d'abord été pressenti à la centrale de Belleville, dans le Cher. Projet finalement abandonné par EDF à l'été 2020 devant la fronde des riverains, des vignerons du Sancerrois et d'élus locaux. "C'est toujours comme ça, ceux qui gueulent le plus fort ont le dernier mot ? On sait que dans La Hague, ce sont des taiseux...", se lamente une habitante des environs du site Orano. 

Les représentants d'EDF ont pu présenter leur projet
Les représentants d'EDF ont pu présenter leur projet © Radio France - Pierre Coquelin

Le processus de décision d'un projet comme ça est par étape : concertation préalable, aujourd'hui. Derrière, EDF va présenter une demande d'autorisation de création, qui fera l'objet d'une enquête technique et d'une enquête publique. Lors de cette dernière, l'ensemble du dossier (celui d'EDF, l'enquête technique et l'enquête publique) sera la base de la prise de décision des pouvoirs publics d'autoriser ou non l'installation - Olivier Giraud, directeur du projet chez EDF

Une logique industrielle

Un site Orano qui présente des atouts selon EDF. "Il y a un foncier à vocation industrielle qui est déjà là. D'autre part, les caractéristiques géologiques et sismiques du site sont bonnes. Et puis, une quantité importante - 2.500 tonnes de combustibles usés - amenée à être entreposée sur le site est déjà présente dans les piscines d'Orano. Si bien que l'implantation à La Hague répond à une logique industrielle basée sur l'économie de transports", explique Thibaud Michel, chef de projet chez EDF. 

Après deux heures houleuses, certains quittent la salle amers, sans réponses à leurs questions. Delphine, membre d'un collectif d'opposants au projet, estime "être devant le fait accompli". "C'est l'expression d'un trop-plein : on a déjà l'usine de retraitement, le centre d'enfouissement... et c'est sans compter les dégradations sur le rond-point des chèvres à l'entrée de Jobourg et les nuisances dues au chantier pendant dix ans". Des opposants qui ont prévu une réunion citoyenne vendredi 7 janvier à 20 heures à la salle communale de Jobourg. 

Réunions, marchés, boitage

La consultation préalable se termine le 18 février. Des réunions publiques ont lieu dans les environs du projet, à Beaumont-Hague et Les Pieux. Dans le bulletin d'information du conseil départemental de la Manche, le président Jean Morin souhaite une consultation "la plus large possible", à l'échelle du territoire. 

L'un des garants de cette concertation publique, Jean-Danielle Vazelle, rappelle qu'il y a d'autres moyens pour participer, notamment en ligne. "Il y a eu une demande très forte pour que les réunions ne se passent pas trop éloignées du territoire de possible implantation. Mais n'importe qui peut aller faire ses propositions sur le site. On a fait du boitage, des marchés - on va d'ailleurs se rendre sur celui de Carentan, qui n'est pas juste à côté de La Hague. Qu'est-ce que ça apporterait de faire une réunion à Saint-Lô ou Avranches ? Après, on ne peut multiplier les réunions, qui sont relativement lourdes à organiser. Le choix a été validé par la commission nationale du débat public, mais personne n'est exclu !" 

Les principaux chiffres du projet de piscine EDF

  • 13.000. C'est le nombre d'assemblages de combustibles usés que la nouvelle piscine doit permettre d'entreposer. ça représente 6.500 tonnes 
  • 3. Comme le nombre de bâtiments qui composent ce bloc usine de 200 mètres de long, 100 mètres de large et 25 mètres de haut. L'installation serait semi-enterrée et protégée par une paroi bunkerisée, le bassin et le génie civil sont résistants aux séismes et à tous types d'aléas
  • 500. Durant la phase de construction, prévue de 2026 à 2034, 300 personnes doivent être employées en moyenne sur le chantier, et jusqu'à 500 au plus fort de la phase de génie civil. En phase de fonctionnement, prévue pour une centaine d'années, une centaine d'emplois doit être créée sur le site, qui générerait 150 emplois supplémentaires dans la région (maintenance, services, etc.)
  • 1,25. C'est en milliard le coût estimé de ce projet de piscine, qui doit être financé entièrement par EDF
  • 2034. Si le projet est retenu, la mise en service de la piscine est prévue en 2034. La concertation préalable se poursuit jusqu'au 18 février 2022. EDF doit déposer une demande d'autorisation de création en 2023. S'en suivront une enquête technique et une autre publique. Avant une décision de l'Etat. 
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