Société

"La parole des femmes victimes de harcèlement sexuel s'est libérée" S. Rousseau revient sur l'affaire D. Baupin

Par Lise Verbeke, France Bleu Nord mardi 20 décembre 2016 à 8:00

Sandrine Rousseau avait porté plainte en mai contre Denis Baupin pour agression sexuelle.
Sandrine Rousseau avait porté plainte en mai contre Denis Baupin pour agression sexuelle. © Maxppp - Baziz Chibane

France Bleu Nord revient sur les événements et les personnalités qui ont marqué l'année 2016. Ce mardi, Sandrine Rousseau était notre invité. La nordiste, secrétaire nationale adjointe d'Europe-Ecologie-les-Verts, a porté plainte pour agression sexuelle en mai dernier contre Denis Baupin.

Les révélations de nos confrères de France Inter, ce 9 mai 2016, ont créé une véritable onde de choc dans les milieux de la politique, et dans la société en général. Des femmes dénoncent des faits de harcèlement et d'agression sexuelle de la part du vice président écologiste de l'Assemblée, Denis Baupin. Quatre femmes politiques portent plainte, dont Sandrine Rousseau, la nordiste, ancienne vice présidente à la région et actuellement secrétaire nationale adjointe d'Europe-Ecologie-les-Verts. Elle accuse Denis Baupin de l'avoir plaqué contre le mur en la tenant par la poitrine dans un couloir et d'avoir tenté de l’embrasser. C'était en 2011.

Sandrine Rousseau est revenue ce matin sur l'emballement médiatique qui a suivi ces révélations. "Si on doit retenir quelque chose de cette période, c'est que la parole des femmes s'est libérée après cela, explique-t-elle. Les associations reçoivent plus de plaintes qu'avant. Il y a eu des avocates, des journalistes, différentes professions qui ont dénoncé aussi un sexisme permanent dans leur travail. Il s'est passé quelque chose depuis le 9 mai." Elle raconte même que depuis cette date, beaucoup de femmes lui ont écrit, l'arrête dans la rue pour lui dire qu'elles aussi subissent un harcèlement sexuel au travail. C'est la même chose pour les trois autres femmes qui ont décidé de parler à visage découvert.

L'agression sexuelle présumée de Denis Baupin envers Sandrine Rousseau remonte à 2011. Les faits sont prescrits pour la justice, "je milite pour que la prescription passe de 3 ans à 6 ans", explique l'écologiste. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d'en parler ? "J'en ai parlé, aux femmes autour de moi dans le parti , aux membres de la direction. Mais le fait de porter plainte, de rendre tout cela public, ça met beaucoup plus de temps. C'est difficile quand on est dans une structure d'accepter d'être en quelque sorte le mouton noir qui va perturber l'organisation."

Sandrine Rousseau espère que la justice ne va pas classer l'affaire. La semaine dernière, Denis Baupin a été confronté à l'une de ses accusatrices, la députée Isabelle Attard. Le parquet peut décider de renvoyer l'élu parisien devant un tribunal correctionnel, ou de classer l'affaire s'il estime que les faits ne peuvent être poursuivis pénalement.

Une femme sur cinq victime de harcèlement ou d'agression

Récemment, le parti Europe-Ecologie-les-Verts a mis en place une commission de prévention et de lutte contre le harcèlement sexuel au sein de ses propres instances. Une première pour un parti politique, mais il faut aller encore plus loin, selon Sandrine Rousseau. "Les entreprises ne respectent pas la loi, qui exige un certains nombres de dispositif pour lutter contre ce fléau. On estime qu'une femme sur cinq est victime de harcèlement ou d'agression, donc ça veut dire que dans toutes les entreprises, il y a forcément des femmes concernées".