Société

La pastorale des migrants au Mans accueille près de 150 personnes par an

Par Christelle Caillot, France Bleu Maine jeudi 27 octobre 2016 à 11:15

Annie Bigot, la responsable de la pastorale des migrants au Mans
Annie Bigot, la responsable de la pastorale des migrants au Mans © Radio France - Christelle Caillot

VIDEO : Annie Bigot, responsable de la pastorale des migrants au Mans. Entre 120 et 150 familles sont accueillies chaque année.

On a beaucoup parlé ces dernières semaines des migrants de Calais, mais il faut savoir que la pastorale des migrants du Mans accueille des "primo-arrivants" toutes les semaines. Il s'agit de personnes qui viennent tout juste d'arriver en France et qui demandent, soit le statut de réfugiés, soit un titre de séjour.

Que fait la pastorale des migrants ?

Cette structure qui dépend du diocèse a été créée en 2001 à l'initiative de plusieurs chrétiens et de l'évêque. Il y a deux salariés à mi-temps et une douzaine de bénévoles. Des permanences ont lieu tous les mardis et jeudis après-midi à la maison St-Julien au Mans, 26 Rue Albert Maignan. "J'ai l'habitude de présenter le service en disant que l'on fait de l'accueil humain, administratif, juridique, et spirituel" nous dit Annie Bigot, la responsable de la pastorale des migrants. "Ça commence par un café, des petits gâteaux et un sourire, ce qui n'est pas négligeable. Ce n'est pas rien, parce que cela permet aussi de voir si les gens ont faim. Quand on voit des enfants se jeter sur des paquets de gâteaux qui sont sur la table, on se rend compte qu'ils n'ont pas à manger, et ça permet dans la discussion de voir la situation des personnes.

Qui vient à la pastorale des migrants ?

"Ce sont des "primo-arrivants", c'est à dire des gens qui arrivent sur le Mans suite à l'atterrissage à l'aéroport à Paris; ils ont pris le premier TGV et sont descendus au premier arrêt au Mans. Ils arrivent et ils demandent l'asile en France. Ils nous sont amenés soit par des compatriotes, soit par des associations. Nous recevons beaucoup de personnes d'Afrique noire, aussi des pays de l'Est mais c'est très très variable. Il s'agit à la fois de personnes seules et de familles. On est là pour les accompagner dans les démarches administratives. On traite entre 120 et 150 dossiers par an. Il y en a qui viennent simplement chercher des conseils et une fois qu'ils ont eu la réponse, on ne les revoit plus. Il y en a d'autres qui vont chercher un accompagnement sur la durée, et là on peut les suivre pendant deux ans, jusqu'à la régularisation".

Avoir un titre de séjour est plus compliqué aujourd'hui

"Aujourd'hui, on se rend compte qu'une demande de titre de séjour est plus compliquée qu'il y a quelques années. Il faut plus de preuves, un dossier beaucoup plus complet. Par exemple, un jeune qui est arrivé il y a trois ans, il avait à peine 16 ans. Il n'a pas été reconnu comme mineur. On l'a hébergé, on l'a accompagné. Aujourd'hui, il a obtenu un CAP avec 14,52 de moyenne. On a fait une demande de titre de séjour parce qu'il a une proposition par son patron de stage, de l'accompagner vers un BAC Pro par alternance, et le titre de séjour est refusé à la préfecture. On devrait engager un recours. Je continue à me battre et je n'arrêterai pas !

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