Société

La pauvreté avance dans les villes françaises, selon les maires

France Bleu lundi 3 mars 2014 à 8:59

Le Secours catholique lance une campagne pour "mettre le vivre ensemble" au coeur des préoccupations
Le Secours catholique lance une campagne pour "mettre le vivre ensemble" au coeur des préoccupations © MaxPPP

Quatre maires sur cinq estiment que le nombre de personnes en situation de pauvreté a augmenté dans leur ville, selon un sondage TNS-Sofres publié ce lundi par le Secours catholique. Un chiffre qui explose par rapport à la dernière enquête de 2008, où les maires n'étaient qu'un sur deux à faire ce constat.

"On sait qu'il y a une forte dégradation de la pauvreté. Mais ce qui nous surprend c'est l'ampleur de la prise de conscience par les maires ", confie Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique : alors qu'ils n'étaient que 51% à considérer, en 2008, que la pauvreté avançait dans leur ville, ils sont désormais 80% à faire ce constat . C'est le résultat d'un sondage TNS-Sofres* publié ce lundi par l'associaiton caritative, qui lance une campagne baptisée "ne laissons pas disparaître la fraternité" , basée sur le "vivre ensemble". 

Pas moins de 71% des maires estiment que les personnes en situation de pauvreté dans leur ville le sont "un peu plus qu'avant ", et même "beaucoup plus qu'avant " selon 9% des maires. Une paupérisation qui touche surtout les femmes seules avec enfants et les jeunes sans emploi, selon 63% des maires. 

Aide aux impayés, services à domicile

Qu'ont fait les maires pour pallier cette situation de pauvreté en hausse ? Les trois efforts les plus cités sont l'aide aux impayés des loyers et des factures de gaz, d'eau et d'électricité (à 58%), le développement des services d'aide à domicile (à 57%) et le soutien scolaire pour les enfants (à 56%).

Plus de neuf maires sur dix (91%) estiment par ailleurs avoir pris des initiatives pour renforcer le lien social dans leur propre commune au cours de leur mandat. Mais le Secours catholique note que ce sont la plupart du temps "des actions ponctuelles ou ciblées ". Toutefois, 76% des maires jugent que le lien social s'est dégradé sur l'ensemble du territoire - mais pas dans leur commune , où ils estiment à 40% que le lien social s'est amélioré. 

* Enquête réalisée du 21 janvier au 3 février par téléphone auprès d'un échantillon de 400 maires, représentatif de l'ensemble des communes françaises.