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Dossier : Coronavirus

"La peur au ventre" : malgré le coronavirus, les aides à domicile travaillent toujours

Les salariés de l’aide à domicile sont indispensables pour nombre de personnes âgées qui ne peuvent plus marcher, entretenir leur maison ou cuisiner toutes seules. Mais avec la crise actuelle, difficile de faire ce métier sereinement.

Familles Rurales assiste environ 3000 personnes dans l'Indre
Familles Rurales assiste environ 3000 personnes dans l'Indre © Radio France - Gaëlle Fontenit

"On a des gants, du gel, très peu de masques qui arrivent au compte-gouttes. C'est tout", explique Florence, auxiliaire de vie sociale. Tous les jours, elle rend visite à une dizaine de personnes âgées autour de Châtillon-sur-Indre, à mi-chemin de Tours et Châteauroux. 

Peur de leur transmettre quelque chose, même si on essaie de respecter au maximum les règles

Impossible pour elle de respecter les gestes-barrière : son travail consiste, entre autres, à assister les personnes lors du lever ou du coucher, pour faire leur toilette, préparer leurs repas. Alors elle adopte une hygiène irréprochable : "Je me lave les mains dès que j’ai terminé une intervention, je rentre dans ma voiture : je mets du gel, je sors de la voiture : je remets du gel, on se lave les mains X fois pendant la journée. C’est fastidieux mais il n'y a pas le choix. Il faut absolument être rigoureux.

Des malades âgés

Mais cela est-il suffisant ? 70% des gens que voit Florence ont plus de 90 ans. Ils sont donc particulièrement fragiles face au coronavirus. "C'est la peur au ventre pour nous et pour eux. La peur de leur transmettre quelque chose, quand on va faire nos courses, on peut ramener le virus chez eux. Même si on essaie de respecter au maximum les règles, malheureusement, quand on passe d'une maison à l'autre, on est facteur de tout ça. Alors oui, ça fait peur, évidemment."

Et pour tenir le coup, Florence a une technique. "On prend notre petite brouette le matin, on fait notre travail, et le soir, on dépose la brouette devant notre porte et on ne la reprend que le lendemain matin. La brouette, c'est tous les petits soucis que l'on peut avoir avec nos aînés. On est obligé de mettre une certaine distance avec tout cela, sinon, on ne tiendrait pas."

Au quotidien, c'est très stressant pour les salariés

Sarah Etieve, la directrice de Florence, de l'association Familles Rurales dans l'Indre, reconnaît que le secteur de l'aide à domicile apparaît souvent comme le "parent pauvre", comparé à des secteurs comme l'hôpital. "Il y a des contradictions : on a beaucoup dit au début de la crise qu'il fallait maintenir les gens à domicile pour éviter l'engorgement des hôpitaux, pour autant il n’y a pas forcément une attention portée à nos services. Ce n’est pas simple de gérer la relation avec les personnes : à la fois elles ont besoin des aides à domicile, mais ce qui vient de l’extérieur est une menace. Au quotidien, c’est quand même très stressant pour les salariés."

Dans l'Indre, Familles Rurales compte 600 employés pour 3.000 personnes visitées. Parmi ces bénéficiaires, il y a sans surprise des cas suspects. "On a des situations préoccupantes, des personnes qui ont des symptômes et qui ne sont pas dépistées, mais on ne se fait pas d'illusion. On imagine bien que, comme partout, il y a des personnes porteuses du virus chez qui l'on vient." Mais si ces personnes font appel à une aide à domicile, c'est bien qu'elles ne peuvent pas faire autrement. Alors il faut y aller, coûte que coûte. 

Les sur blouses manquent 

"C'est sûr que des équipements de protection supplémentaires seraient les bienvenus, surtout quand on intervient chez des personnes avec des symptômes." Sarah Etieve et Florence aimeraient notamment avoir des sur-blouses, des sortes de combinaisons intégrales permettant de protéger l'ensemble des vêtements pendant les visites. En attendant, chez Florence, "la machine à laver tourne énormément. On lave, on lave, on lave.

Sarah Etieve tient enfin à saluer le "travail incroyable" de ces aides à domicile "hyper investies". La directrice, comme beaucoup d'autres professionnels du secteur, souhaiterait une revalorisation des salaires, et une considération au même titre que les autres soignants, pour ce métier essentiel, mais difficile, et en manque de reconnaissance.

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