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"La peur du policier n'existe plus" : à Caen, les policiers marqués par le meurtre de leur collègue à Avignon

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Les policiers d'Alençon, de Caen, ainsi que de nombreuses brigades de gendarmeries ont rendu hommage mardi à 15 heures au policier tué mercredi dernier à Avignon. Des policiers qui ont le sentiment que les agressions sont plus fréquentes, même dans le Calvados.

La cérémonie d'hommage aux policiers morts pour la France, ce mardi, à l'hôtel de police de Caen.
La cérémonie d'hommage aux policiers morts pour la France, ce mardi, à l'hôtel de police de Caen. © Radio France - Marc Bertrand

Les policiers sont alignés debout, en uniforme de cérémonie, sur le parking de l'hôtel de police de Caen. Devant eux, le préfet dépose une gerbe au pied de la plaque aux policiers morts pour la France. Le nom des policiers morts en service en 2020 est égrené, ainsi que celui d'Eric Masson, tué à Avignon mercredi dernier alors qu'il intervenait sur une transaction de drogue. 

"Même à Dives-sur-Mer"

"On a l'impression que la peur du policier n'existe plus", s'étonne Loïc, motocycliste à Caen, après trente minutes de cérémonie au garde à vous : "Encore la semaine dernière, un jeune de 19 ans n'a pas hésité à nous insulter, alors qu'on l'avait intercepté parce qu'il était un danger public". La voiture sérigraphiée "police", les agents ne la laissent plus sans surveillance. "Même à Dives-sur-Mer", assure Eric, brigadier-chef sur la zone de Cabourg. 

Régulièrement, on intervient dans un appartement, et quand on revient il y a un pneu qui a été crevé

Il avait quitté Sarcelles, dans le Val d'Oise, après des années de service en région parisienne, en espérant une fin de carrière un peu plus tranquille : "Régulièrement, on intervient dans un appartement, et quand on revient il y a un pneu qui a été crevé. Et même à Dives, il nous arrive de nous rouler au sol avec certains qui n'ont pas peur d'aller à l'affrontement avec les flics. Sur chaque intervention, ça peut mal tourner"

Les refus d'obtempérer, un danger pour les policiers

C'est justement ces interventions banales, devenues potentiellement dangereuses, qui interroge les policiers dans la mort de leur collègue Eric Masson. Le Premier ministre, Jean Castex, a répondu en promettant de sanctionner plus durement les agressions de policiers, même les plus quotidiennes. Parmi elles, le refus d'obtempérer sera "puni plus fortement", selon le chef du gouvernement. Il y en a 24.000 en France chaque année. 

La nuit dernière à Caen, on a encore eu deux refus d'obtempérer très graves

"Tenez, la nuit dernière encore, on a eu deux refus d'obtempérer très graves", témoigne le patron de la police du Calvados, Olivier Le Gouestre : "Des individus qui se sont retrouvés à contre-sens sur la quatre voies, dans les boulevards, qui ont franchi des feux rouges. Et les policiers derrière qui tentent d'intercepter ces individus mettent leur vie en danger. Il y a le risque qu'ils perdent le contrôle ou percutent un autre véhicule. Ce sont des comportements qui se banalisent malheureusement". 

Quand on demande à Eric s'il aime toujours son métier, il répond que oui : "Moi, c'est la génération Starsky & Hutch, ça fait cliché, mais c'est un métier qu'on aime. Par contre, j'ai un fils de six ans, et je préférerais qu'il fasse autre chose dans la vie".

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