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Société

La Drôme va investir 15 millions d'euros pour moderniser des EHPAD

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Le conseil départemental de la Drôme développe sa politique pour le grand âge et se prépare ainsi mieux au vieillissement de la population.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Radio France - François Cortade

Drôme, France

Plus d'un Drômois sur quatre a plus de 60 ans (26,5%). Sans compter les plus de 75 ans, 51.000 en 2018, ils seront 94.000 en 2040. Face à cette population vieillissante, le conseil départemental de la Drôme lance plusieurs actions pour mieux répondre aux besoins des séniors. 

15 millions d'euros pour rénover les EHPAD 

"Nous avons fait le constat que nos EHPAD étaient vieillissants", explique Marie-Pierre Mouton présidente du conseil départemental de la Drôme. De nombreux établissements ont besoin de rénovations, de nouveaux équipements. Parfois même d'être reconstruits, comme à Buis-les-Baronnies. La difficulté reste évidemment le financement. Les directeurs d'EHPAD peuvent demander un prêt à la banque selon la solidité de leur budget, ils peuvent demander des subventions à l'Agence régionale de santé ou solliciter le département pour augmenter le prix de journée, payé par les familles, en moyenne de 58 euros dans la Drôme. 

Mais le département veut limiter cette hausse. "Beaucoup de familles ne peuvent pas se le permettre. Alors à  la prochaine assemblée départementale nous allons proposer un plan d'investissement à hauteur de 15 millions d'euros sur les dix prochaines années pour réhabiliter, rénover nos établissements médicalisés". 

Mais le conseil départemental imposera ses conditions, précise Marie-Pierre Mouton. "Nous souhaitons que le cadre de vie qui sera repensé, soit réfléchit dans le sens du confort, à la fois du résident mais aussi du personnel soignant. Il ne relève pas de notre compétence, c'est celle de l'Etat mais nous tenons à améliorer leur cadre de travail".  L'élue souhaite que les maisons de retraites soient plus ouvertes vers l'extérieur, favoriser les échanges avec différentes associations pour que les personnes âgées ne s'isolent pas et participer à leur bien-être. Pour le personnel, la présidente du département veut limiter leurs déplacements, faciliter leur tâche. Par exemple, en changeant les lits qui ne passent pas toujours les portes. Ce qui implique pour les soignants de porter le résident pour le sortir de son lit, l'installer dans une chaise roulante et le remettre dans un autre lit. 

Moins de 6.000 places dans les EHPAD dans la Drôme 

Toutefois, cela ne résout pas le problème de manque de places dans les 59 EHPAD de la Drôme. Ils peuvent accueillir 5.839 résidents. Cela relève de la compétence de l'Agence régionale de santé (ARS). "Moderniser les établissements c'est une première réponse, évidemment ça ne suffira pas mais nous travaillons avec l'ARS", assure Marie-Pierre Mouton. 

Favoriser le maintien à domicile 

Puis, l'une des solutions seraient aussi de permettre aux personnes âgées de vivre le plus longtemps possible chez elles. Un choix plébiscité par de nombreux séniors. 

Et Selon, Elodie Bousquet, directrice de la maison départementale de l'autonomie de la Drôme, la France a une vision "trop sanitaire" : "en France, beaucoup de personnes âgées vivent en Ehpad alors que dans d'autres pays d'Europe, on a mis en place des systèmes d'accompagnement qui permettent de continuer à vivre à domicile dans des situations de santé compliquées parce qu'ils ont organisé les systèmes de prise en charge différemment. Cela veut dire avoir des professionnels qui peuvent intervenir le weekend, la nuit. Cela veut dire avoir des aidants qui sont aussi aidés. Et c'est cette dynamique que nous engageons dans la Drôme".

"Nous devons permettre aux aidants de souffler. Nous finançons à hauteur de trois mois maximum par personne et par an, des places des établissement à capacité d'accueil temporaire" - Marie-Pierre Mouton 

Plusieurs actions sont menées dans ce sens : le département financent des formations pour les aides à domicile, des groupes de parole pour les aidants qui auraient besoin de soutien, d'échanger. "Nous devons permettre aux aidants de souffler. Nous finançons à hauteur de trois mois maximum par personne et par an, des places des établissement à capacité d'accueil temporaire", ajoute la présidente du conseil départemental Marie-Pierre Mouton.  Les caisses de retraites peuvent aussi prendre en charge ces hébergement. Les proches peuvent demander plusieurs courts séjours tant que cela n'excède pas les trois mois dans l'année

"nous ne sommes pas les plus forts pour vieillir en bonne santé - Elodie Bousquet

Mais la priorité pour le département de la Drôme est de retarder au maximum la perte d'autonomie. "En France, nous avons une espérance de vie très longue, supérieure a beaucoup de pays d'Europe. Mais nous ne sommes pas les plus forts pour vieillir en bonne santé. Il faut qu'on progresse sur les politiques de prévention. C'est pour ça que nous en finançons pour des personnes qui ont seulement 60 ans, il faut s'en saisir le plus tôt possible", explique Elodie Bousquet. 

La maison départementale de l'autonomie de la Drôme s'appuie sur les Centres communaux d'action sociale (CCAS), les associations. "Nous les aidons à trouver des financements pour organiser des ateliers mémoires, sur la nutrition, des cours de sports, etc". Au-delà de la santé, l'objectif est de lutter contre l'isolement des personnes âgées "qui accélère l'altération des fonctions cognitives", précise Françoise Chazal, présidente de la maison départementale de l'autonomie de la Drôme. 

Favoriser le maintien à domicile, cela passe aussi par l'aménagement du logement. Il est possible d'obtenir des aides du département pour remplacer une baignoire par une douche, installer une barre de maintien, etc. 

Simplifier les démarches administratives

Mais les démarches sont compliquées pour obtenir les aides : plusieurs interlocuteurs, des documents administratifs difficiles à comprendre ... Il faut attendre en moyenne cinq mois pour l'instruction de son dossier

Le département de la Drôme veut réduire les délais et simplifier les démarches. C'est pourquoi la Maison départementale de l'autonomie (MDA) a été créée en octobre 2018, pour centraliser toutes les demandes. Françoise Chazal, sa présidente constate de nettes améliorations : "avant, tout le monde perdait du temps, c'était long et compliqué de monter un dossier, nous devions renvoyer les documents parce qu'ils étaient mal remplis. Aujourd'hui le délai d'instruction est de 3 mois en moyenne".    

"on compte 70.000 appels et 87% trouvent une réponse au premier appel" - Françoise Chazal

La MDA compte 35 antennes sur le territoire et une plateforme téléphonique. "Dix personnes répondent aux questions, on compte 70.000 appels et 87% trouvent une réponse au premier appel". Il y aura 47 points d'accueil d'ici la fin de l'année 2019. 

En 2018, le  département de la Drôme a consacré une enveloppe de 91 millions d'euros pour financer l'allocation de perte d'autonomie (APA). Soit pour le maintien à domicile des séniors, soit pour les aider à financer leur EHPAD.