Société

Christiane Barret, préfète de Côte-d'Or : "On ne va pas s'arrêter de vivre mais on doit sécuriser les événements"

Par Véronique Narboux, France Bleu Bourgogne mardi 27 septembre 2016 à 21:41

En cette période de menace terroriste maximale, Christiane Barret a rassemblé les maires de l'arrondissement de Dijon pour leur rappeler les consignes de sécurité à mettre en place sur leur commune.

Autour d'elle, la préfète de la Côte-d'Or a rassemblé les représentants de la Police, de la Gendarmerie et des services de renseignement qui ont tour à tour rappelé que les maires sont un maillon important pour signaler des individus suspects repérés sur leur commune. Charge ensuite aux services de renseignement de vérifier si les soupçons sont justifiés ou pas. Si oui, explique Christiane Barret, alors on surveille les individus radicalisés ou susceptibles de l'être et, "pour les plus jeunes, on met en place un suivi psychologique et un accompagnement pour la réinsertion sociale et professionnelle".

Sécuriser les grands rassemblements

Autre consigne donnée aux maires : informer la préfecture du moindre événement prévu sur leur commune, surtout s'il se déroule en extérieur. Cela concerne toutes les manifestations, du vide-grenier à la fête de village en passant par un concert ou une grosse manifestation sportive. "Ensuite, c'est à nous de trier les rassemblements les plus à risque et pour ceux-là, on organise le dispositif de sécurité" précise Pauline Jouan, la directrice de cabinet de la préfète de Côte-d'Or. On peut mobiliser policiers ou gendarmes mais aussi déployer des moyens logistiques.

Pauline Jouan, la directrice de cabinet de la préfète de Côte d'or, détaille les mesures de sécurité à prendre pour sécuriser un rassemblement

Le casse-tête des écoles

La réunion a aussi beaucoup tourné autour de la sécurité dans les écoles. L'Éducation nationale s'est chargée de sensibiliser la communauté enseignante et d'organiser des "exercices intrusion" dans les établissements scolaires. Mais en ce qui concerne les travaux de sécurisation des écoles, une fois encore, c'est au maire qu'échoit ce rôle. Avec des questions souvent terre à terre mais essentielles. Comment faire la différence entre une alarme incendie et une alerte qui signale l'intrusion d'un terroriste ? A Dijon et Chenôve, on choisi un système efficace et pas cher : des cornes de brume à utiliser en cas d'agression.

En matière de sécurité, si on veut être efficace, c'est tout de suite - Michel LENOIR, maire de Saint-Julien

Mais quid des plus gros travaux ? La préfecture évoque les 50 millions d'euros débloqués par le gouvernement, dans le cadre du FIPD (Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance) mais pas de quoi rassurer les maires qui craignent que leur demande de subvention ne traîne en longueur. "Le dossier va monter au ministère et redescendre donc la vitesse ne sera pas au rendez-vous" déplore Michel Lenoir, le maire de Saint-Julien. Or, poursuit l'élu, "on ne peut pas attendre un au ou deux ans pour faire des travaux, d'ailleurs les parents d'élèves ne le comprendraient pas". Sur sa commune d'à peine 1.500 habitants, au nord-est de Dijon, Michel Lenoir s'est résolu à commencer les travaux avant même de savoir s'il aura une aide financière. En envisageant une bonne clôture de sécurité pour son groupe scolaire et un visiophone, il table sur une facture de 40 à 60.000 euros.