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La Question du jour : "Le problème n'est pas le prix des maisons de retraites, c'est la faiblesse des pensions"

Par Romain Pouzin Roux, France Bleu Armorique mardi 4 octobre 2016 à 12:24

Dans les Côtes-d'Armor, les prix des maisons de retraite publiques peuvent aller jusqu'à 1890 euros par mois.
Dans les Côtes-d'Armor, les prix des maisons de retraite publiques peuvent aller jusqu'à 1890 euros par mois. © Maxppp - MaxPPP

Iriez-vous vivre en maison de retraite ? Nous vous posions la question ce mardi matin sur France Bleu Armorique. Jean-Michel Frizjer, directeur d'une association qui gère trois EPHAD dans les Côtes-d'Armor, était notre invité. Il n'a pas caché que des améliorations peuvent être apportées.

C'est une question qui nous a tous effleuré l'esprit ou que l'on se posera forcément un jour : sommes-nous prêts à aller vivre en maison de retraite ? Nous vous invitions à témoigner ce mardi sur France Bleu Armorique, à l'occasion de la semaine bleue dont l'objectif est de sensibiliser aux problématiques rencontrées par les personnes âgées.

"Même si les personnels font beaucoup d'effort en faisant des animations, les EPHAD sont d'une immense tristesse", nous a confié Eliane, dont la mère est elle-même passée par une maison de retraite. C'est donc à contre-coeur que cette habitante de Léon (22) devra peut-être un jour intégrer un EPHAD.

"Les personnes âgées sont alignées dans leur fauteuil et attendent que le temps passe, je trouve ça très oppressant" Eliane, une auditrice.

Une réaction que connaît bien notre invité Jean-Michel Frizjer, directeur général de l’association Montbareil qui gère 3 EHPAD à Saint-Brieuc. "Entrer en maison de retraite signifie une rupture avec le passé et forcément, ça se fait toujours avec certain regret", remarque-t-il. Mais il note aussi que les personnels font beaucoup d'efforts pour égayer le quotidien des pensionnaires, souvent fournis en plus de leur charge quotidienne de travail. "En revanche, dans les petits établissement isolés en campagne, c'est vrai que l'on peut manquer d'intervenants extérieurs, ce qui donnent parfois un sentiment d'isolement."

Des établissements trop chers ?

Sur notre page Facebook, de nombreux auditeurs s'interrogent sur les tarifs des maisons de retraite, qui obligent parfois les enfants des pensionnaires à mettre la main à la poche. "La plupart des EPHAD sont gérés par un système associatif, ce qui veut dire qu'il n'y a pas de bénéficies", fait remarquer Jean-Michel Frizjer. "Le problème, c'est avant tout le niveau des retraites beaucoup trop bas, qui ne permet pas de couvrir entièrement les frais".

Dans les Côtes-d'Armor, par exemple, les prix vont de 45 à 63 euros par jours, soient 1350 à 1890 euros par mois. "Cela peut être plus élevé en Ille-et-Vilaine et à Paris, les tarifs s'envolent", ajoute le directeur. La faute au prix du foncier qui explique les fortes disparités entre les régions.

Mais le constat n'est pas tout noir, comme l'a fait remarquer Marie-Annick, une habitante de Saint-Jacques (35). "Ma mère a vécu en maison de retraite pendant quatre ans parce qu'elle n'était plus suffisamment autonome", raconte-t-elle. "Tout s'est très bien passé et je tiens à remercier le personnel de l'EPHAD qui nous a soutenu jusqu'au dernier moment. Ils ont été formidables", se souvient-elle, encore émue. Le message est passé.

Vous pouvez réécouter la question du jour ici.

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