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Société DOSSIER : Dossier du jour de France Bleu Vaucluse

La récup', tout un art !

mardi 5 juin 2018 à 6:08 Par Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Vaucluse

La récup', c'est tendance ! Pour économiser, polluer moins, être solidaire aussi, de plus en plus de personnes recyclent des produits de leur quotidien. Contrairement aux idées reçues, la récup' est à la portée de tous. Pour les plus créatifs, elle devient même un véritable art.

Depuis 10 ans, le "sculpteur détourneur" Thierry Gall fabrique des personnages à partir d'objets de récupération
Depuis 10 ans, le "sculpteur détourneur" Thierry Gall fabrique des personnages à partir d'objets de récupération © Radio France - Charlotte Lalanne

Etes-vous adepte de la récup' ? Réparer, réutiliser, pourquoi pas détourner des objets. Pour certains, c'est une corvée. D'autres en ont fait un art de vivre. La récupération, le Vaucluse s'y met tout doucement, les initiatives se développent et individuellement chacun partage ses bonnes astuces.

La récup' au quotidien, c'est possible !

Pour Emma, tout est parti d'un déclic, il y a trois ans. "Je me suis dit un jour :  tout ce qui part dans nos poubelles, c'est de l'argent" raconte cette jeune avignonnaise. 

"Chaque fois que je vais mettre quelque chose à la poubelle, je me demande si je ne peux pas l'utiliser pour faire autre chose" - Emma

Il y a 3 ans, Emma se lance dans la démarche "Zéro déchets", elle récupère et transforme le maximum d'objets à la maison - Radio France
Il y a 3 ans, Emma se lance dans la démarche "Zéro déchets", elle récupère et transforme le maximum d'objets à la maison © Radio France - Charlotte Lalanne

La récup' à la maison, à la portée de tous ?

Les coquilles de noix ? Réutilisées au fond des pots de fleurs à la place des billes d'argile. Le marc de café pour un gommage de la peau. Les vieux collants troués et autres vêtements usés ? Retissés pour faire des éponges lavables : c'est l'art du tawashi, ou comment fabriquer ses propres éponges écologiques en deux temps trois mouvements. Bref chez Emma, rien ne se perd, tout se transforme.

La récup', cela commence dès l'achat

Dès l'achat, vous pouvez faire la différence. Par exemple en choisissant le maximum d'articles en vrac, dans des contenants récupérables. 

Mais pour cela, encore faut-il trouver un fournisseur. A Avignon, une boutique de produits en vrac a ouvert il y a un an. Le Petit Pot propose aliments (pâtes, riz, légumineuses, céréales, miel, etc.), mais aussi produits d'entretien et d'hygiène, jusqu'aux cotons démaquillants et serviettes hygiéniques lavables. 

Résultat : moins de gaspillage, et surtout des économies, jusqu'à 50% sur un an, assure Céline la fondatrice de cette épicerie.

Quant aux plus gros achats, d'équipements électriques par exemple, scrutez le logo "écolabel européen", il signale des produits réparables ou démontables, comme une imprimante ou un téléviseur.

Si la panne survient, ne vous précipitez pas à la déchetterie. Tentez d'abord de réparer ! Internet regorge de vidéos tutoriels pour vous aider à mettre les mains dans le cambouis. Si vous préférez néanmoins laissez ce travail à des mains plus habiles, la région PACA compte 8 000 professionnels de la réparation.

Pensez recycleries ! 

En dernier recours, plutôt que la poubelle, pensez aux recycleries, ces lieux qui récupèrent et revendent toutes sortes de produits. Il en existe une demi-douzaine en Vaucluse, notamment à Carpentras, Cavaillon. A L'Isle-sur-la-Sorgue, la recyclerie Les 3 Eco reçoit des arrivages en permanence. 

Aux deux bouts de la chaîne, le besoin est bien là, insiste sa co-fondatrice. 

"On met l'accent sur le côté social. On peut intervenir dans l'urgence pour une personne qui a tout perdu, lui apporter la vaisselle, un lit, un frigidaire, le minimum." - Marie-Chantal

Quand récup' rime avec solidarité, et citoyenneté. C'est également l'ambition des Petites Choses, une recyclerie qui vient de se lancer à Avignon. Claire et Lynda en sont à l'initiative, elles organisent depuis plusieurs années des ateliers créatifs de récupération avec les enfants. 

"A partir du moment où on prête les enfants au jeu de sentir, toucher et voir la matière autrement, ils sont bourrés d'imagination, tout dépend comment on présente les choses," juge Claire. 

Quand la récup' devient un art à part entière

Les objets de seconde main sont aussi une source d'inspiration intarissable pour les artistes. Ces 2 et 3 juin dernier, le premier Festival de l'Art Récup' était organisé à Séguret. Parmi ces virtuoses de la récupération, voici Thierry Gall, ou le "sculpteur détourneur". Dans son atelier de Cabrières d'Aigues, ce Vauclusien sculpte depuis dix ans animaux et personnages de métal à partir de vieux outils et machines agricoles qu'il démonte. 

"On assemble, on soude, on créee, on détourne, on s'amuse quoi !" - Thierry Gall

Thierry Gall et ses oeuvres de métal - Radio France
Thierry Gall et ses oeuvres de métal © Radio France - Charlotte Lalanne

Quand la récup' devient un art

Redonner une âme aux objets perdus, c'est son credo, ici sous les traits d'un spectaculaire Don Quichotte. 

"Il doit faire deux mètres de haut. Avec de la pioche pour les chaussures, détaille-t-il, une bouteille de gaz, des ressorts de matelas, des poils de chauffage pour les épaules, un extincteur pour le chapeau et des bouts de râteaux pour la barbe."

Christian Charasse est plutôt porté sur l'électronique. Lui aussi s'est découvert artiste. A Beaumont du Ventoux où il habite, il joue aux savants fous et fabrique des robots de toutes tailles. Sa pièce maîtresse mesure plus de 2 mètres de haut, il l'a commencé il y a sept ans. 

"Il a deux bras, deux jambes, un ancien écran d'ordinateur en guise de tête." 

"Moi, je vois un truc dans la rue, je le ramasse, s'il a une forme, une matière ou une couleur intéressante." - Christian Charasse

"Quand on voit tout ce qui se jette, ça fait peur. C'est clairement une forme de militantisme cet art" conclut l'artiste.