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La réforme des collèges est expérimentée pour partie à Toulouse depuis septembre : quel bilan ?

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Par , France Bleu Occitanie

Depuis septembre, l’académie de Toulouse expérimente la deuxième langue vivante enseignée dès la 5e dans les collèges. Huit mois après, quel bilan en tirent les parents et les profs ? Et au-delà, que pensent-ils de cette réforme qui prévoit entre autre de mélanger les disciplines ?

Collège Bellefontaine à Toulouse
Collège Bellefontaine à Toulouse © Radio France - Stéphanie Mora

"Apprendre pour mieux réussir", c'est le nom de la réforme qui sème la zizanie depuis bientôt 15 jours dans le débat politique et intellectuel en France. La réforme des collèges touche l'enseignement des langues en répartissant les heures différemment suivant les niveaux mais aussi la façon d'aborder les matières principales en proposant des cours interdisciplinaires. La ministre, Najat Valaud-Belkacem veut que le texte soit appliqué à la rentrée 2016.

Toulouse pilote pour les langues vivantes

Ce que l'on sait moins c'est que l'académie de Toulouse est pilote pour tester une partie de la réforme. Celle qui concerne l'enseignement de la 2e langue vivante non plus à partir de la classe de 4e mais dès la 5e.

FBToulouse - Réforme Collèges test dans l'académie de Toulouse

Les élèves de 6e de l'académie n'ont plus que trois heures de langue vivante 1 par semaine et particularité locale : les classes bilangues allemand, menacées de disparaitre dans la réforme, sont maintenues.  Le dispositif est en place depuis septembre 2014, le rectorat assure que tout s'est mis en place sans problème, mais il attend le mois de juin prochain pour tirer le bilan .

Les parents, eux, seraient déjà conquis selon Hélène Rouch, la présidente de la FCPE (fédération des parents d'élèves) de Haute-Garonne qui parle de retours *"globalement positifs. Tous les enfants bénéficient de l’apprentissage d’une deuxième langue dès la 5e (…) et ça leur permet de renforcer leur niveau".  Un avis que ne partagent pas les enseignants qui voient que les 6e ont perdu une heure de cours par semaine et pour les autres niveaux, Evelyne, professeur d'Espagnol à Toulouse n'est pas emballée : "les résultats ne sont pas géniaux, c’est du saupoudrage, deux heures par semaine ce n’est pas grand-chose". *

  Selon l'association des professeurs de langues vivantes, l'expérience toulousaine et les remontées de ses adhérents auraient eu un impact au ministère et permis de faire de rajouter dans la réforme une demi-heure ou une heure de cours suivant les niveaux.

Collège et lycée Fermat à Toulouse
Collège et lycée Fermat à Toulouse - Didier Descouens

La réforme globale déplait à beaucoup d’enseignants toulousains

Mardi 19 mai, une intersyndicale (SNES-FSU, SNALC, FO, CGT et Sud) appelle à la grève partout en France contre cette réforme qu'elle juge complètement à côté de l'objectif, qui est de réduire les inégalités entre collégiens . Un défilé devrait avoir lieu dans l’après-midi entre la prison Saint-Michel et le nouveau rectorat. Carine Rios, responsable des collèges au SNES Midi-Pyrénées parle d’une réforme qui accroit les inégalités entre élèves : "avant de mettre en place des enseignements pratiques interdisciplinaires, il faut s’assurer que les enfants ont acquis les connaissances de bases. En France aujourd’hui 25% des élèves de 6 e arrivent sans maîtriser la lecture".

FBToulouse C Rios SNESSUP

Mais cette réforme a aussi ses partisans. La FCPE réclame depuis longtemps une réforme des collèges. Pour Hélène Rouch, mélanger les matières c'est r épondre à un vrai besoin de compréhension du monde actuel.

FBTOUlouse Réforme collèges - FCPE

Quelques repères de fond

Dans la polémique du moment autour de la réforme des collèges il y a deux choses : la réforme des collèges avec l’organisation des cours et des matières et la réforme des programmes du collège.

La réforme des collèges prévoit-elle de mélanger les matières ou de supprimer le latin ?

Mélanger les matières oui. On appelle ça l'enseignement pratique interdisciplinaire. La réforme prévoit huit grands thèmes interdisciplinaires comme par exemple "information communication citoyenneté" ou encore "transition écologique et développement durable". Chaque année, les élèves devront étudier deux thèmes qui vont donc mélanger du français avec de l'histoire-géographie par exemple ou des maths de la physique et de l'anglais. 

Cet enseignement représentera 20% de l'emploi du temps et les heures seront prises sur des matières "classiques". Le latin et le grec en revanche ne disparaissent pas, ils devaient, mais finalement ils deviennent une option « light », un "enseignement de complément" d’une heure par semaine en 5e et deux heures en 4e et 3e.

Au final, les collégiens ont-ils plus ou moins d’heure de langues vivantes ?

En volume global, après la réforme, ils auront une heure de plus sur toute leur scolarité au collège. En fait les collégiens auront moins d'heures par semaine mais comme ils commencent plus tôt l'apprentissage de la deuxième langue, cela s'équilibre. Mais la réforme de l'enseignement des langues fait surtout bondir les professeurs d'allemand, car il est question de supprimer les classes bilangues allemand et ils ont peur de voir leur nombre d'élèves chuter !

La réforme des programmes fait débat

Par exemple sur le programme d'histoire : certains intellectuels ou politiques ont peur que l'on enseigne moins le christianisme et plus l'islam, il n'en est pourtant pas question dans la réforme. Les élèves apprendront toujours la même chose mais à des années différentes. En revanche, toute l'histoire du Siècle des Lumières (Voltaire, Diderot les grands penseurs européens du XVIII qui ont abouti à l’émergence de la démocratie ou des droits de l’Homme) devient facultative.

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