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La rentrée des TER : les usagers sont inquiets

Par Nicolas Crozel, Céline Loizeau et Véronique Saviuc, France Bleu Isère lundi 5 septembre 2016 à 9:04

Un TER en gare de Châteaucreux (illustration)
Un TER en gare de Châteaucreux (illustration) © Radio France - Yves Renaud

Des lignes supprimées faute de conducteurs, des TER qui roulent désormais sans contrôleurs, et des abonnés qui demandent toujours des compensations après les grèves du printemps. La rentrée des TER s'annonce chaude sur les rails dans la région.

Des trains supprimés faute de conducteurs

C'était la mauvaise surprise de la semaine de rentrée pour les usagers des TER sur plusieurs lignes en Isère. Une vingtaine de trains ont été supprimés depuis lundi 29 aout, sans information préalable de la SNCF, si ce n'est un SMS qui invitait les abonnés à consulter les horaires de circulation. Les trains supprimés sont sur les lignes Grenoble-Chambéry, Grenoble-St-Marcellin et Grenoble-St-André-le-Gaz, certains en heures de pointe, d'autres en heures creuses.

D'où la colère des voyageurs et des associations d'usagers, surtout qu'aucune information n'est donnée non plus sur la durée de ces suppressions. Des pétitions circulent, les associations demandent aux élus et notamment à la région (organisatrice des transports ferroviaires) d'agir. Ces suppressions sont la conséquence du manque de conducteurs, suite à de nombreux départs à la retraite. Il y a eu des recrutements mais les nouveaux conducteurs sont en cours de formation.

François Lemaire, vice-président de l'ADTC, l'association de promotion des transports en commun dans l'agglomération grenobloise.

Pascal Veuillen qui habite le Touvet et travaille chez A Raymond à Grenoble, s'est fait piéger par la disparition de son train habituel au départ de Chambéry à 6h53. Il a mis en ligne une pétition qui a recueilli plusieurs centaines de signatures en quelques jours.

Pascal Veuillin a lancé une pétition contre les TER supprimés

La SNCF développe les trains sans contrôleurs

Par ailleurs, en cette rentrée, la SNCF déploie son dispositif "TER sans contrôleur". Depuis lundi (29-08), sur les lignes TER Saint-André-le-Gaz/Grenoble, Villefranche/Vienne et Saint Etienne/Montbrison, il n'y a plus systématiquement de contrôleur à bord. La mesure est en place depuis cinq ans sur l'ouest lyonnais et la SNCF a tenu à la développer.
Sont concernées uniquement des lignes dites périurbaines : moins d'une heure de trajet, avec beaucoup d'arrêts et fréquentées essentiellement pour des trajets domicile-travail.
Les contrôles se font de manière aléatoire à quai, avant de monter dans le train ou en en descendant. Ils continuent cependant de se faire parfois avec un agent à bord.
C'est plus efficace en matière de lutte contre la fraude selon la SNCF. La fraude représentait 20 millions d'euros de perte l'an passé sur le réseau TER en Rhône-Alpes selon la SNCF.

Le reportage de Céline Loizeau, à la rencontre d'usagers sceptiques et inquiets pour leur sécurité

Les abonnés demandent un geste après les 53 jours de grève au printemps

Si certains passagers s’inquiètent pour leur sécurité, les associations, elles, ne voient pas ça forcément d'un mauvais œil. "La meilleure façon de ne pas être embêté dans le train, c'est que la personne gênante soit contrôlée et bloquée à la montée" explique Yves Gimbert (ligne Valence-Grenoble-Chambéry). "Ce qu'on a demandé à la SNCF , c'est de ne plus assujettir le départ d'un train à la présence d'un contrôleur, car en cas d'absence cela occasionne des retards ou des suppressions" confie encore Yves Gimbert. Un avis partagé par l'ADUT (Ligne Lyon-Grenoble,) son porte-parole Patrice Belvègue appelle par ailleurs les usagers à manifester ce mardi 6 à Lyon à 8 heures devant le siège de la direction régionale de la SNCF. Ces usagers demandent des compensations financières sur leurs abonnements après les 53 jours de grève décomptés entre le 1er janvier et le 1er juillet derniers.

Patrice Belvègue le secrétaire de l'Adut est l'invité de France Bleu Isère

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