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Société

La résistante sarthoise Andrée Dupont-Thiersault faite commandeur de la Légion d'honneur

vendredi 13 janvier 2017 à 11:56 Par Julie Davico-Pahin et Julie Le Duff, France Bleu Maine

Depuis 1995, Andrée Dupont-Thiersault témoigne de son engagement dans la Résistance et de l'enfer de la déportation auprès des lycéens. Ce vendredi, à la Préfecture de la Sarthe, elle se verra remettre l'insigne de Commandeur de la Légion d'honneur.

Andrée a connu l'humiliation des camps de la mort
Andrée a connu l'humiliation des camps de la mort © Radio France - Julie Davico-Pahin

Manuel

Elle n'était qu'une adolescente quand elle s'est engagée dans la Résistance, en 1943. Andrée Dupont-Thiersault, l'agent de liaison "Galilée 17", va recevoir ce vendredi 13 janvier l'insigne de Commandeur de la Légion d'honneur. La décoration lui sera remise par des Marie-José Chombart de Lauwe, la présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, qui fut comme elle déportée au camp de Ravensbrück.

26 avril 1944, 22h

Andrée est arrêtée par la Gestapo à Assé le Boisne, une commune du nord de la Sarthe, alors qu'elle n'a que seize ans. Comme sa famille, elle s'est engagée dans la résistance, en tant qu'agent de liaison du bureau des opérations aériennes.

Andrée, à son retour en France - Radio France
Andrée, à son retour en France © Radio France

" Il y a eu un hurlement. Et c'était fini."

Le début d'une longue détention, qui la conduit dans plusieurs camps. A Romainville, Sarrebruck, Ravensbrück puis à l'usine d'armements Hasag, à Leipzig. Les souvenirs les plus douloureux sont ceux de Ravensbrück. Là-bas, sa tante est gazée, dès son arrivée. Andrée, comme les autres détenues, subit l'humiliation : "Ils nous ont mises toutes nues. Vous savez, à cette époque là, on était très pudiques. Ils nous ont enlevé toutes nos affaires, tous nos bijoux, tout ce que l'on avait, ils nous ont inspectées partout. Ça a été dur ", confie-t-elle.

Andrée raconte son arrivée à Ravensbrück

Le regard d'Andrée se remplit de larmes. A Ravensbrück, elle a vu la mort. Celle d'une petite fille aux tresses blondes : "_Je me souviens, la SS [organisation paramilitaire nazie, NDLR]_ l'a balancée dans les marches et elle a lâché le chien sur elle. Il y a eu un hurlement. Et c'était fini*."

"Dédée", comme ses amis la surnomment, a aujourd'hui 88 ans. Au printemps 2015, elle est retournée pour la première fois à Ravensbrück, avec un groupe de lycéens sarthois. "C'est comme un pélerinage. Pour faire mon deuil", explique-t-elle. Dans ce camp, près de 100 000 femmes et enfants ont trouvé la mort pendant la Deuxième guerre mondiale.