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La sénatrice Dominique Vérien : "il faut aider les femmes à se libérer de l'emprise d'un conjoint violent"

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Par , France Bleu Auxerre

De nouveaux outils pour lutter contre les violences faites aux femmes sont présentés aujourd’hui, notamment une plateforme numérique qui permet d'enregistrer des preuves de violences. Dominique Vérien, la sénatrice UDI de l'Yonne, y est favorable. Elle est co-auteur d'un rapport sur la question.

Dominique Vérien, sénatrice UDI de l'Yonne
Dominique Vérien, sénatrice UDI de l'Yonne © Radio France - Delphine Martin

La Fédération "France Victimes" lance ce lundi "mémo de vie", la première plateforme digitale dédiée aux violences faites aux femmes. On en parle avec la sénatrice UDI de l'Yonne Dominique Vérien, qui co-rédigé cet été un rapport sur les violences faites aux femmes. 

Ecoutez l'interview de Dominique Vérien

L'an dernier, 126 000 femmes ont été victimes de violences conjugales. Cette nouvelle plateforme digitale testée à partir d'aujourd'hui n'est donc pas un gadget. Comment est-ce que ça fonctionne ?

C'est très intéressant car une femme va pouvoir ouvrir un espace sur lequel elle pourra inscrire ce qu'il se passe. C'est une espèce de journal de bord. Parce que parfois, on ne se rend pas compte, on se dit "non mais c'était une fois, il était énervé". Et si on le raconte chaque jour, on se rend compte qu'il y a une répétition et qu'on est dans un mauvais engrenage.  On n'en est pas toujours conscience. On est souvent sous emprise. Donc cette plateforme va être conseillée par des associations ou par des amis. Ce tableau de bord peut être rempli également par un proche, qui se rend compte d'une chose que la victime ne peut ou ne veut pas voir. En plus, sur cet espace, il y a des endroits où la femme va pouvoir mettre ses papiers pour le cas où elle devrait quitter précipitamment le foyer : la copie des passeports, la copie des salaires... C'est très bien fait et très facile d'accès. C'est une très bonne idée qu'à eu l'association France Victimes de développer ça.

Est-ce qu'on peut mesurer l'impact réel du confinement sur ces situations de violence ? Dans l'Yonne, les forces de l'ordre ne constatent pas de hausse des plaintes et pourtant, on dit que le confinement est un facteur aggravant...

Le confinement a été un facteur aggravant pour les disputes. Les gendarmes et les forces de l'ordre sont intervenus plus souvent. Mais pas forcément pour des phénomènes plus graves. Mais il y a un vrai risque : une victime qui est enfermée 24h sur 24 avec son bourreau, c'est forcément plus compliqué. Je pense qu'une femme qui est sous emprise l'est autant pendant le confinement qu'en dehors du confinement, mais sa démarche est plus difficile, elle n'a pas les moyens d'aller parler à une association ou dans un accueil de jour. La seule chose très positive du confinement selon moi, c'est la mise en place des "points contacts" dans les supermarchés qui permettent d'avoir des informations, de se renseigner sur les démarches.... C'est bien et ça devrait selon moi perdurer indépendamment de tout confinement. 

Vous avez co-rédigé un rapport sur la question pour le Sénat et vous a avez notamment défendu la notion "d'emprise"  : qu'est-ce que c'est ?

L'emprise est entrée dans la loi. Ce qui veut dire que si on est sous emprise, cela aggrave la peine. Malheureusement, ce n'est pas ce qui permet à la femme de se détacher plus facilement de la personne dont elle est sous emprise... L'emprise, c'est quand un conjoint vous dévalorise mais en même temps vous dit qu'il vous aime. Et petit à petit vous coupe de votre famille, de telle sorte qu'il n'y a plus personne pour pouvoir vous aider à vous en sortir? Et puis à la fin, il fait de vous sa chose et vous pensez que c'est juste, que c'est normal, que c'est votre vie. J'ai tendance à utiliser la métaphore de l'oiseau qui est dans une flaque de mazoute. Il  ne peut pas s'en sortir tout seul s'il n'y a pas quelqu'un pour lui nettoyer ses ailes . L'emprise c'est ça : on est englué, et il est très difficile de s'en sortir seul.

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