Société

La simulation d'accident nucléaire à Flamanville a duré plus de huit heures

Par Camille Labrousse, France Bleu Cotentin mardi 14 mars 2017 à 19:39

La simulation de l'accident nucléaire à la centrale de Flamanville a duré toute la journée
La simulation de l'accident nucléaire à la centrale de Flamanville a duré toute la journée © Radio France - Camille Labrousse

Déclenché à 8h30 ce mardi matin, l'exercice simulant un accident nucléaire à la centrale nucléaire de Flamanville s'est terminé à 17h. Il a impliqué des centaines de membres forces de l'ordre, d'agents d'EDF, d'élus, d'enseignants et de représentants de l'Etat.

La simulation d'accident nucléaire à la centrale de Flamanville a duré toute la journée, ce mardi. La sirène s'est déclenchée précisément à 8h33 dans un rayon de 2 km et l'exercice s'est officiellement terminé à 17h. L'objectif était de tester la réactivité des agents EDF et des services de la préfecture pour enrayer l'accident, mais aussi l'efficacité des moyens d'alerte et de mise à l'abri de la population.

Pour ce faux incident, les "scénaristes" ont imaginé plusieurs problèmes : la rupture d'un tube et la défaillance d'une vanne, qui ont provoqué le rejet d'une eau radioactive.

D'abord, il a fallu mettre à l'abri les élèves des établissements scolaires qui avaient accepté de jouer le jeu. En tout, 2300 écoliers et collégiens se sont prêtés à l'exercice. A l'école Jules Ferry de Flamanville, les écoliers ont été confinés dans leurs classes. Les rideaux sont baissés, la directrice est quant à elle branchée sur France Bleu Cotentin pour écouter les consignes : "On a aussi une malle avec du matériel de base, une trousse de secours, des serpillières, du scotch pour fermer les aérations si besoin".

Pendant ce temps là, et dès le début de l'alerte, un camion d'EDF s'est mis à quadriller le secteur pour faire des relevés sur l'environnement. Il est rempli de sondes et d'outils pour connaître en temps réel l'ampleur des dégâts et le degré de contamination.

Installer des barrages pour protéger la population

Toutes ces étapes ont lieu en même temps. Alors que le camion parcourt la zone, les gendarmes eux sont chargés d'installer des barrages routiers dans un rayon de 2 puis de 8 kilomètres. On ne peut pas manquer ces gendarmes, vêtus d'une combinaison intégrale, orange et très voyante, de gants jaunes fluos et d'un masque à gaz. Du gendarme Defourneau, on n'aperçoit pas plus que les yeux et le nez " tout est fait pour qu'on évite de respirer des particules".

Dans leur combinaison orange, les gendarmes ont installé deux points de barrage dans le secteur de Flamanville  - Radio France
Dans leur combinaison orange, les gendarmes ont installé deux points de barrage dans le secteur de Flamanville © Radio France - Camille Labrousse

Dans le cadre de l'exercice, ils laissent passer les automobilistes. En cas d'incident réel, ils les en empêcheraient.

Autre étape importante en cas d'accident nucléaire, la détection d'éventuelles contaminations. Ce sont des collégiens de Flamanville qui se prêtent à l'exercice. Chacun passe 15 secondes sous un portique. S'ils étaient contaminés, ils devraient alors traverser une chaîne de décontamination.

La cinquantaine de collégiens sont tous passés sous le portique de détection. - Radio France
La cinquantaine de collégiens sont tous passés sous le portique de détection. © Radio France - Camille Labrousse

Ces portiques peuvent diagnostiquer 50 personne par heure. La Manche n'en possède qu'un. Pour être vraiment efficace d'après les pompiers, il en faudrait plus en cas d'incident réel. Le Grand Ouest compte six autres portiques et la France 32.

Cette journée d'exercice va désormais être analysée de près. EDF et la préfecture rendront leurs conclusions au mois de mai.