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La ville de Paris souhaiterait de nouvelles salles de shoot et un bus itinérant pour les fumeurs de crack

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Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris en charge de la santé, propose la création de quatre nouvelles salles de consommation pour les toxicomanes, sur le modèle de la salle de shoot ouverte il y a deux ans à Lariboisière, et la création d'un bus itinérant pour les fumeurs de crack.

la colline du crack porte de la Chapelle
la colline du crack porte de la Chapelle © Maxppp - Jean-Nicholas Guillo

On estime entre 200 et 500 le nombre des fumeurs de crack, en errance, à Paris, d'après les chiffres de la mairie. Des toxicomanes très gravement désocialisés, qui consomment la plupart du temps dans la rue, sans suivi sanitaire ou social. On les voit, de plus en plus nombreux, porte de la Chapelle, sur ce que l'on nomme la colline du crack. On les trouve également sur une partie du 18e arrondissement, jusqu'à Stalingrad et gare du Nord, et même sur certaines lignes de métro, notamment les lignes 4 et 12. 

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Or les évacuations successives (17 évacuations de la colline du crack en quelques mois) ont montré leur inefficacité : les dealers sont toujours là. D'où cette proposition d'Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris, en charge de la santé et des relations avec l'AP-HP, d'ouvrir de nouvelles salles de consommation dans la capitale, et de créer un bus itinérant spécifiquement dédié aux fumeurs de crack. 

Aller au devant des fumeurs de crack

"Ces fumeurs de crack vont tellement mal qu'ils ne sont pas en capacité d'aller chercher de l'aide, il faut aller au devant d'eux, d'où l'idée de ce bus", explique Anne Souyris. Un bus équipé d'une salle d'inhalation surveillée pourrait permettre un suivi médical, sanitaire et social pour cette population totalement marginalisée. Mais pour l'instant, la loi n'autorise pas l'expérimentation de salles d'inhalation, sur le modèle des salles de consommation pour les injections intraveineuses. L'inhalation surveillée se pratique dans les salles ouvertes à Paris et à Strasbourg, mais légalement, à condition que les fumeurs de crack se soient au préalable "piqués". "Il faut faire changer la loi ! La consommation de crack est alarmante dans le nord-est de Paris et Anne Hidalgo a adressé un courrier au Premier ministre, auquel il a répondu sans proposition concrète", précise Anne Souyris, pour qui il y a urgence à intervenir. 

un fumeur de crack à Paris © Maxppp - Philippe de Poulpiquet
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Plusieurs salles de consommation pour réduire les risques

Fin septembre, la salle de consommation de l'hôpital Lariboisière, gérée par l'association Gaïa, aura deux ans. Chaque jour, ce sont en moyenne 165 personnes qui viennent s'injecter leur drogue. Des passages qui permettent un suivi médical, le dépistage des hépatites, les infections virales et des consultations psychiatriques. Les malades, très fortement désocialisés, ont la possibilité de rencontre des assistants sociaux et des éducateurs qui peuvent les orienter pour trouver un lieu d'hébergement, une domiciliation, une aide juridique. 

Comme le dit  Catherine Péquart, psychiatre, directrice de l'association Charonne qui gère des structures en addictologie à Paris, " l'ambition n'est pas l'arrêt : certaines personnes sont trop mal en point pour envisager l'arrêt de la consommation de drogues. Le but est de les amener progressivement à se re-socialiser, à retrouver des repères et à diminuer, si possible, leur consommation". Pour elle, l'ouverture de nouvelles salles de consommation est une bonne idée, "le seul moyen, actuellement, pour limiter les risques liés à la consommation de drogues". Quant à la mise en place d'un bus itinérant, dédié aux fumeurs de crack, c'une bonne idée également pour la directrice de Charonne, à condition que ce bus puisse se garer facilement, trouver les bons emplacements, pour pouvoir fonctionner sur le modèle des maraudes. 

la colline du crack, porte de la Chapelle © Maxppp - jean-Nicholas Guillo

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