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Lactalis : les familles de victimes dénoncent "l'impunité" du groupe laitier mayennais

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Par , France Bleu Mayenne, France Bleu
Craon, France

En pleine affaire des laits en poudre Lactalis contaminés par des salmonelles, le collectif des familles de victimes demande des explications et plus de transparence au groupe laitier mayennais, et dénonce aussi le silence des élus.

Les familles de victimes demandent à Lactalis, mais aussi aux élus, de sortir de leur silence.
Les familles de victimes demandent à Lactalis, mais aussi aux élus, de sortir de leur silence. © Maxppp - Thomas BREGARDIS

À chaque jour ou presque ses révélations dans l'affaire des laits en poudre pour bébés Lactalis, contaminés par des salmonelles. Le Canard enchaîné affirme qu'un contrôle des services vétérinaires de la préfecture de la Mayenne a eu lieu en septembre dernier au sein de l'usine de Craon, qui produit les poudres de lait incriminées. Lors de ce contrôle, aucune contamination n'a été détectée. Pourtant, Lactalis avait trouvé un mois plus tôt, dès le mois d'août, de la salmonelle sur le carrelage de l'usine et sur du matériel de nettoyages

Le préfet de la Mayenne dément

La préfecture de la Mayenne répond qu'il s'agissait d'un simple contrôle visuel des locaux et d'une vérifications de documents, sans aucun prélèvement, sans aucune analyse. Ce contrôle ne permettait donc pas de détecter la salmonelle.

"Je pense très franchement que derrière tout ça, les pouvoirs publics protègent Lactalis".

Des rebondissements à répétition, des polémiques, des démentis. Et face à cette affaire, des familles de victimes qui se sentent impuissantes, et qui dénoncent une certaine impunité des pouvoirs publics envers Lactalis. À l'image de Ségolène Noviant, co-fondatrice du collectif de familles de victimes, maman d'un petit garçon de 6 mois. 

"Tout ça, c'est politique tout simplement, parce que quand on exporte dans 45 pays, qu'on est un gros groupe comme ça, forcement ça va faire perdre des sous, que ce soit à l'État ou ailleurs, ça va faire perdre beaucoup d'argent. Je pense très franchement que derrière tout ça, _les pouvoirs publics protègent Lactali_s, d'une manière ou d'une autre", lâche la mère de famille.

"Il faut que le travail soit fait, que l'usine soit désinfectée totalement".

"C'est pas la première fois qu'il y a une crise sanitaire chez eux, c'est pas le premier cas de salmonelle dans cette usine, il y en a eu avant que Lactalis rachète le site de Craon. Je sais que c'est un gros groupe, je sais qu'on ne peut pas mettre toutes ces personnes à la porte, il faut quand même penser aux familles derrière qui travaillent pour ce site, qui n'y sont pas spécialement pour quelque chose. Mais par contre, il faut que le travail soit fait, que l'usine soit désinfectée totalement, et après ils reprennent leur production. Ils font des contrôles régulièrement, et surtout, ils nous donnent la transparence sur les contrôles et les processus de fabrication _qu'on sache exactement ce qu'on donne à manger à nos enfants_".

Mesdames et messieurs les élus, sortez de votre silence !

Mais le plus difficile à vivre pour les familles de victimes, c'est sans doute le silence des responsables de Lactalis, mais aussi des élus. "J'ai vraiment le sentiment qu'on nous prend pour des prunes", ajoute Ségolène Noviant. "Qu'est ce qui a été fait depuis août, moment auquel Lactalis a découvert qu'il y avait de la salmonelle dans son usine, qu'est ce qui a été fait par eux, à part ne pas le révéler, et le cacher", demande de son côté Quentin Guillemain, co-fondateur du collectif, papa d'une petite fille de 4 mois.

"Le manque de parole publique dans cette histoire est très préoccupant. On ne parle que pour protéger Lactalis, peut-être pour des raisons économiques. C'est un sentiment d'impunité, je le dis très clairement, c'est un sentiment d'impunité", estime également Quentin Guillemain. "On a fait une pétition, on l'a adressée à 22 personnes des pouvoirs publics, les services sanitaires, les ministres, on n'a aucune réponse à ce jour", précise Ségolène Noviant.

Une enquête toujours en cours

Ce mercredi soir, cette pétition a été signée par près 18 200 personnes. Le collectif affirme également que Lactalis a proposé des dédommagements financiers à certaines familles, contre la promesse qu'elles ne portent pas plainte contre le groupe.

On rappelle qu'une enquête a été ouverte contre Lactalis par le pôle santé du parquet de Paris pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui" et "tromperie aggravée". Contactés, les responsables de Lactalis n'ont pas souhaité nous répondre.

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