Société

Laïcité à l'hôpital : des questions sont posées à la maternité du CHU de Saint-Étienne

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 26 octobre 2016 à 19:02

L'entrée des urgences du pôle Mère-Enfant du cHU de Saint-Étienne
L'entrée des urgences du pôle Mère-Enfant du cHU de Saint-Étienne © Radio France - Mathilde Montagnon

Au CHU de Saint-Étienne, depuis le mois de mai dernier un groupe de travail a été mis en place pour réfléchir aux questions de laïcité à l'hôpital. Il intervient aux assises de la laïcité ce mercredi et ce jeudi à l'université de Saint-Étienne, sur le campus Tréfilerie.

Avec les affaires du burkini, des dessins de Charlie-Hebdo, ou les crèches de Noël dans les mairies, on n'a jamais autant parlé de laïcité. Et ce n'est pas terminé avec la campagne présidentielle qui a démarré. La question de la religion dans la sphère publique est une question quotidienne, que ce soit à l'école, l'université, dans les entreprises ou à l'hôpital.

Au CHU de Saint-Étienne, depuis le mois de mai dernier, un groupe de travail a été mis en place pour réfléchir à ces questions. Il est composé de deux sages-femmes (un homme et une femme) et d'un médecin pédopsychiatre. Il doit intervenir dans le cadre des assises de la laïcité les 26 et 27 octobre à l'université de Saint-Étienne. Cela se passe sur le campus Tréfilerie, ampli E01. Parmi les thèmes des conférences : la religion dans les établissements de santé, l'affaire Lambert, l'exemple du Canada ou encore le deuil périnatal.

Au CHU de Saint-Étienne, c'est à la maternité que semblent se concentrer les problématiques liées à la laïcité. Ici, il y a 75 sages-femmes dont deux hommes. Et parfois, certaines patientes refusent d'être prises en charge par un homme. C'est rare. Mais cela existe. Le personnel hospitalier doit alors discuter, expliquer, faire preuve de pédagogie. Très souvent, il arrive à débloquer la situation. En revanche, si cela s'avère impossible et que la patiente ne se trouve pas dans une situation médicale urgente, elle est réorientée vers un autre établissement, vers une clinique ou un hôpital privé. Car le CHU ne peut adapter son planning aux souhaits des femmes enceintes.

Reportage de Mathilde Montagnon

Ce genre de situation, rare encore une fois, n'existait pas ou presque pas il y a quelques années selon Karine Payet, la cadre sage-femme du CHU et membre du groupe de travail sur la laïcité. "Moi j'ai l'impression que ce sont des choses qui évoluent et qui apparaissent au fil du temps. J'ai été diplômée sage-femme en 1997 et jusqu'à ce sdernières années on n'avait pas été confrontés à cette problématique". Karine Payet, pour qui la situation est plus compliquée quand c'est la patiente qui refuse d'être prise en charge par un homme. Alors que quand il s'agit de ses proches ou de sa famille, grâce à la discussion les choses se débloquent plus facilement.

Karine Payet, cadre sage-femme du CHU

Partager sur :