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Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

Face-à-face avec les maires, petite phrase : Emmanuel Macron a lancé le Grand débat national dans l'Eure

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin

Emmanuel Macron a officiellement lancé, ce mardi, le Grand débat national dans l'Eure. Devant 600 maires normands, à Grand Bourgtheroulde, il a répondu aux inquiétudes des élus ruraux pendant plus de sept heures. Le Président a appelé à un dialogue "sans tabou" pendant ce débat national.

Emmanuel Macron lors de sa visite surprise à Gasny, dans l'Eure.
Emmanuel Macron lors de sa visite surprise à Gasny, dans l'Eure. © Maxppp - PHILIPPE WOJAZER

C'était la première sortie d'Emmanuel Macron en région depuis un mois, alors que la crise des "gilets jaunes" se poursuit. Le président de la République a lancé, ce mardi dans l'Eure, le Grand débat national qui va durer deux mois dans tout le pays. Il a notamment répondu aux inquiétudes de 600 maires normands dans le gymnase de Grand Bourgtheroulde. Le chef de l'Etat a aussi estimé que cette crise était "une chance" pour "réagir plus fort" et continuer à réformer plus profondément.

Visite surprise au conseil municipal de Gasny 

Le rendez-vous ne figurait pas à l'agenda du chef de l'Etat. Emmanuel Macron a fait une visite surprise au conseil municipal de Gasny, dans l'Eure, à la mi-journée. la commune se trouve à environ 80 km de Grand Bourgtheroulde. "Il faut constamment redemander aux gens leur avis. Je ne pense pas du tout que ce soit du temps perdu, que ce soit du temps pour arrêter les réformes car les gens veulent des changements", a dit Emmanuel Macron lors de cette visite. La crise des "gilets jaunes" est "une chance pour qu'on puisse réagir plus fort et plus profondément", a assuré le chef de l'Etat aux élus présents.

La petite phrase sur "ceux qui déconnent"

A Gasny, Emmanuel Macron a également abordé le thème de la pauvreté. "Une partie du traitement de la pauvreté est dans les personnes qui vivent en situation de pauvreté. Pas dans le face-à-face entre ceux qui profiteraient d'un côté et ceux qui seraient les vaches à lait de l'autre. Elle est dans un travail collectif très fin. Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui 'déconnent'", a-t-il dit. Une "petite phrase" qui a immédiatement fait réagir dans l'opposition. "Le président n'a rien compris. Sa façon de jeter en pâture les plus faibles est insupportable", a dénoncé le patron du Parti socialiste Olivier Faure.

Les gilets jaunes dispersés à coups de lacrymogènes, une délégation reçue par Emmanuelle Wargon 

A la mi-journée, aux cris de "Macron démission", une centaine de "gilets jaunes" s'étaient rassemblés à Grand Bourgtheroulde  après avoir réussi à contourner les barrages. Les forces de l'ordre ont fait deux fois usage de gaz lacrymogènes pour les contenir et ont interpellé deux hommes.

La ministre de la Transition écologique et copilote du grand débat, Emmanuelle Wargon, a reçu une délégation de "gilets jaunes" en mairie. 

Un échange inédit pendant sept heures avec les maires 

Puis, à partir de 15h15, dans le gymnase de Grand Bourgtheroulde, où 600 maires normands étaient rassemblés, Emmanuel Macron a été interrogé par plusieurs dizaines de maires, pendant sept heures. L'échange s'est terminé peu après 22h. Les élus ont énuméré la longue liste des revendications rassemblées dans les cahiers de doléances, et manifesté leurs inquiétudes : sentiment d'être méprisés par l'État, pouvoir d'achat, fiscalité, disparition des services publics en milieu rural, difficulté d'accès aux transports, aux soins, à la culture et aux services, budgets des collectivités locales, dotations de l'état... Emmanuel Macron leur a répondu. Il a notamment annoncé qu'il était prêt à débattre de l'ISF, des 80 km/h et de la numérisation des demandes de cartes d'identité, passeport et cartes grises.

L'ISF n'est pas un tabou ni un totem"

Emmanuel Macron a expliqué qu'il était prêt à débattre de l'ISF, l'impôt sur la fortune, une fois que l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière qui le remplace, aura été évalué. "L'ISF n'est pour moi pas du tout un tabou ni un totem", a-t-il assuré. Mais il a tenu à dire que le rétablissement de l'ISF ne réglera pas les problèmes de pouvoir d'achat. "Faut pas raconter des cracks. C'est pas parce qu'on remettra l'ISF que la situation d'un seul gilet jaune s'améliorera, ça c'est de la pipe", a-t-il lancé. "L'ISF doit faire partie du débat", a-t-il assuré. "On ne va pas renoncer à la réforme d'il y a un an, mais les parlementaires vont l'évaluer. Si des mesures ont été prises qui ne sont pas pertinentes elles seront corrigées. 

Il n'y a pas de dogme sur les 80 km/h"

Le Président s'est aussi déclaré ouvert à des aménagements pour faire en sorte que la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires soit "mieux acceptée" par les Français, tout en étant "efficace". "Il faut ensemble que l'on trouve une manière plus intelligente, plus pragmatique de le mettre en oeuvre. Il n'y a pas de dogme", a déclaré le président, en appelant les maires à "faire des propositions" sur ce dossier qui "fait partie du débat".

On va rouvrir le sujet des cartes d'identité, passeports, et cartes grises"

Emmanuel Macron s'est également dit ouvert à la possibilité de redonner aux maires et aux préfectures le pouvoir de délivrer les passeports, cartes d’identité et cartes grises, alors que les procédures de demande ont été numérisées. Pour lui, le bilan "est terrible pour notre administration, pour des centaines de milliers de concitoyens, ceux qui ne sont pas faits au numérique. Ces dernières années, on ne s'est pas bien organisés", a-t-il reconnu. "Tout numériser, ça partait d'une bonne intention. Mais parce qu'on a voulu l'appliquer partout de la même façon, on va rouvrir le sujet des cartes d'identité, passeports, et cartes grises."

Les débats ont commencé en région 

Pendant ce temps, les débats à l'échelle locale se mettent en place un peu partout en France. Ils ont même commencé dans certaines communes, comme à Nivolas-Vermelle, près de Bourgoin-Jallieu, en Isère. Cette réunion, organisée par la députée LREM de la circonscription, a réuni un peu plus de 100 personnes : gilets jaunes, élus ou simples citoyens. On y a entendu beaucoup de colère et de détresse, comme le résume l'article de France Bleu Isère.

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