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Société

Landes : déclarée insalubre depuis 5 mois, le plafond de leur maison leur tombe sur la tête

lundi 18 juin 2018 à 19:22 Par Paul Ferrier, France Bleu Gascogne

La maison que louent Béatrice et Jean-Marc à Buglose sur la commune de Saint-Vincent-de-Paul a été déclarée insalubre il y a 5 mois. Après les pluies des dernières semaines, le plafond menace désormais de s'effondrer. Le DAL, l'association Droit au Logement de Dax tire la sonnette d'alarme.

Jean-Marc et Béatrice ont le plafond qui menace de s'écrouler sur leur tête
Jean-Marc et Béatrice ont le plafond qui menace de s'écrouler sur leur tête © Radio France - Paul Ferrier

Saint-Vincent-de-Paul, France

C'est l'engrenage de la misère, de l'isolement, de la maladie. En 2017, Jean-Marc et Béatrice, qui ne sont pas ou plus en couple, se retrouvent dans l'incapacité financière de payer leur facture de gaz. Lui est retraité, il était chauffeur routier. Elle, après deux infarctus et une opération de la jambe, vit d'une Allocation Adulte Handicapés. 700 euros de retraite et 820 euros d'allocation. La misère.

Partout de la crasse, des murs trempés et rongés par les termites. - Radio France
Partout de la crasse, des murs trempés et rongés par les termites. © Radio France - PF

Sans gaz, dans un logement déjà peu entretenu, leurs conditions de vie se détériorent encore plus. Ils ne peuvent plus se chauffer, la maison prend l'humidité et devient invivable. En janvier 2018, la préfecture déclare le logement insalubre et donne - c'est la loi - six mois à la propriétaire pour, soit faire les travaux (il y en a pour 60 000 euros), soit leur trouver une solution de relogement dans les mêmes conditions de loyer. La propriétaire "n'a rien fait", explique le DAL. Elle peut être poursuivie devant la justice pour cela. Et si Béatrice et Jean-Marc ne paient plus le loyer depuis la déclaration d'insalubrité, c'est encore la loi. Ils payaient auparavant 420 euros par mois pour ce bien. 

Le DAL demande une procédure de péril imminent

Après un hiver sans chauffage et des pluies à répétition, la situation s'aggrave chaque jour. Le plafond menace de s'écrouler, des tuiles se sont décrochées dans le salon. Un trou béant se trouve juste au dessus de la table où Jean-Marc et Béatrice roulent leurs cigarettes. Les murs sont "rongés par l'humidité et les termites", explique Emmanuel Klein, porte parole du DAL. 

Quand on pénètre dans le logement, une odeur acre agresse. Les chiens aboient derrière une porte fermée. Partout, de la crasse. Béatrice et Jean-Marc ne sont même plus en état physique de faire le ménage. 

Le plafond du salon de Béatrice et Jean-Marc - Radio France
Le plafond du salon de Béatrice et Jean-Marc © Radio France - PF

Le maire de Saint-Vincent de Paul, Henri Bédat, le reconnait. Ce lundi, suite à l'action du DAL, ses services techniques sont retournés au domicile de Jean-Marc et Béatrice, et il a constaté une aggravation. 

Un peu plus tôt dans la matinée, le DAL s'est présenté à la mairie de Saint-Vincent de Paul pour demander à rencontrer le maire. Il voulait lui demander de prendre un arrêté de péril imminent. Une disposition légale prise quand un logement est dangereux pour ses occupants. Pour le moment Henri Bédat préfère attendre. Une réunion est justement prévue ce mardi pour tenter de trouver une solution de relogement, avec les services de la préfecture, de la mairie et le bailleur social départemental, XL Habitat. 

On ne demande que deux petits studios". — Béatrice

Si la situation est claire pour le DAL - "Il faut reloger dans l'urgence ces personnes qui n'ont pas de demande folle" - la mairie de Saint Vincent de Paul et la préfecture des Landes estiment que la situation est plus complexe. 

Une solution dans les jours qui viennent

Le maire de Saint-Vincent de Paul le promet : "une solution de relogement n'est qu'une question de jours". Mais ce n'est pas aussi simple que ce que dirait le DAL, qu'Henri Bédat qualifie "d'agitateur"...

Depuis plus d'un an, ils n'ont plus de gaz. Le frigidaire les a lâché la semaine dernière.  - Radio France
Depuis plus d'un an, ils n'ont plus de gaz. Le frigidaire les a lâché la semaine dernière. © Radio France - PF

Selon lui, et la préfecture est sur la même ligne, Béatrice et surtout Jean-Marc ne seraient pas très coopérant. Béatrice a du mal à marcher, elle ne veut pas habiter à l'étage sans ascenseur. Elle le dit elle même. Elle ne quittera pas non plus ses chiens. Car ça, on lui aurait déjà proposé, une maison relais, mais il aurait fallu les laisser au chenil. Impossible pour elle. En revanche, Béatrice en est à sa troisième année de demande de logement social. La dernière demande date de février dernier. Jean-Marc, lui, ne veut pas remplir ce dossier. 

Les autorités veulent également trouver un logement qui leur permettra de se soigner facilement. Le maire de Saint Vincent de Paul évoque des problématiques de dépendance et un couple réticent à se faire aider par les services sociaux. 

Jean-Marc a récemment acheté une raclette pour sécher sa maison quand il pleut dedans. - Radio France
Jean-Marc a récemment acheté une raclette pour sécher sa maison quand il pleut dedans. © Radio France - PF

Quelles que soient la situation et les motivations de Béatrice et Jean-Michel à se faire aider, il y a une certitude : leurs conditions de vie ne sont pas acceptables. Le DAL aurait souhaité qu'ils soient évacués de leur domicile dangereux dès ce lundi. Henri Bédat, le maire de Saint Vincent de Paul, préfère attendre encore un peu, le temps de la réunion de ce mardi, pour trouver une solution pérenne. Il voudrait éviter un déménagement en urgence puis un deuxième déménagement définitif. Le DAL voudrait de son côté éviter un drame, éviter que le toit de la maison de Béatrice et Jean-Marc ne leur tombe sur la tête. 

Ce mardi 19 juin les autorités se réunissent pour tenter de trouver une solution.  - Radio France
Ce mardi 19 juin les autorités se réunissent pour tenter de trouver une solution. © Radio France - PF