Société

Landes : des saisonniers espagnols mal-logés et refoulés d'un magasin à Peyrehorade

Par Nelly Assenat et Van Veen Christophe, France Bleu Gascogne lundi 14 novembre 2016 à 9:55

Des tentes sous un pont pour Diana et son ami Hector
Des tentes sous un pont pour Diana et son ami Hector © Radio France - Christophe Van Veen

Alors que la saison de ramassage des kiwis commence dans le sud des Landes, le Droit au Logement (DAL) dénonce la situation des saisonniers espagnols. Certains dorment sous les ponts sans aucune hygiène et d'autres sont refoulés d'un magasin de bricolage.

"Accès interdit aux travailleurs saisonniers espagnols en raison de la multiplication des vols". Cette affichette traduite en espagnol a été apposée pendant quinze jours à l'entrée du parking d'un magasin de bricolage de Peyrehorade (Landes). Le patron se défend de racisme et explique à France Bleu Gascogne "vivre l'enfer depuis cinq ans avec des hordes de routards espagnols, dont certains sont crasseux, drogués et voleurs".

De son côté le DAL (Droit au logement) dénonce un délit de faciès. Depuis l'affichette a été retirée mais elle témoigne de l'existence de tensions entre ces commerçants, certains habitants également, et les saisonniers espagnols.

"Accès interdit aux travailleurs espagnols" - Reportage

Des fourgons de fortune et des tentes

C’est un afflux de main d’œuvre précaire qui revient à chaque saison. Pour la plupart ces saisonniers espagnols vivent dans des fourgons ou carrément sous des tentes. France Bleu Gascogne a par exemple rencontré Diana, qui est venue de Barcelone en stop,

Elle vit depuis 15 jours , sans le moindre contrat dans une tente sous un pont de Peyrehorade : "On est au moins une soixantaine à attendre qu'une place se libère (...) j'ai le sentiment d'être invisible ici. C'est difficile avec la météo, le froid... On vient ici car on est payé le double".

J'ai vu des familles laver des enfants dans le Gave, c'est affreux. — Une habitante de Peyrehorade

La situation est particulièrement dure à vivre avec la météo pluvieuse et les températures en baisse - Radio France
La situation est particulièrement dure à vivre avec la météo pluvieuse et les températures en baisse © Radio France - Christophe Van Veen

Le DAL réclame des points d'hygiène

Le DAL a constaté l'absence de logements et de sanitaires pour ces travailleurs. Ce lundi 14 novembre, l'association et quelques représentants des ramasseurs de kiwi ont à nouveau rendez vous à la communauté de communes du Pays d'Orthe pour trouver des points d'hygiène (sanitaire set toilettes) dans les différentes communes. Ce lundi après midi, une action de sensibilisation de la population est prévue sur l'un des ronds points d'entrée de Peyrehorade.

Certains souhaitent ce mode de vie (...) Nous n'avons pas les moyens d'offrir à ces populations des structures d'accueil. — Isabelle Dupont-Beauvais, première adjointe à Peyrehorade

De son côté la mairie de Peyrehorade refuse d'être stigmatisée. "Nous n'avons pas les moyens d'offrir à ces populations des structures d'accueil", explique notamment la première adjointe Isabelle Dupont-Beauvais. Elle explique aussi que beaucoup de ces saisonniers viennent dans des camions aménagés en mauvais état, mais qu'ils "souhaitent ce mode de vie". A savoir s'il y a des tensions entre la population et les saisonniers, l'élue estime que "ce mot est un peu fort (..) on a tendance à pointer du doigt la ville de Peyrehorade mais d'autres sont touchées par ce type de problème".

Ils vivent sous les toits en attendant un boulot - Reportage

Cette année, aidé par le DAL, le droit au logement, ils sont une poignée à réclamer le minimum d’hygiène, à savoir des douches et de sanitaires. Une maison des saisonniers, comme à Léon sur la côte, n’existe pas dans le sud des Landes.