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Société

Landes : les espoirs de Marie-Clémence sur l'extension de la PMA à toutes les femmes

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Par , France Bleu Gascogne

Le Premier ministre a annoncé ce mercredi que le recours à PMA pour toutes les femmes serait examiné fin septembre à l'Assemblée Nationale. Dans les Landes, Marie-Clémence Bordet-Nicaise salue l'impulsion, mais reste prudente. Cette Dacquoise a eu recours à la PMA en 2017, en Espagne. Témoignage.

Marie-Clémence et sa femme Aurore se sont rendues en Espagne pour avoir recours à la PMA
Marie-Clémence et sa femme Aurore se sont rendues en Espagne pour avoir recours à la PMA - © Marie-Clémence Bordet-Nicaise

Dax, France

La Procréation Médicalement Assistée, la PMA, sera bien autorisée à toutes les femmes. Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé l'extension de la PMA à toutes les femmes lesbiennes et femmes seules. Le projet de loi bioéthique, qui comprend la PMA, sera examiné fin septembre à l'Assemblée Nationale. Les associations, comme SOS Homophobie, saluent cette annonce, mais restent vigilantes. 

Dans les Landes, l'annonce a été suivie notamment par Marie-Clémence Bordet-Nicaise. Agée de 31 ans, la jeune femme tient un blog dans lequel on peut lire : "J’espère qu’un jour, un couple de femmes pourra accéder à la PMA de la même manière qu’un couple hétéro, en France. Car il s’agit du même désir, du même combat, il ne s’agit pas d’un caprice, d’une envie subite d’avoir moi aussi un bébé." 

Marie-Clémence Bordet-Nicaise est mariée à Aurore depuis 2015. Toutes les deux ont une petite fille de 11 mois. Pour l'avoir, le couple, qui habite à Dax, a eu recours à la PMA.

France Bleu Gascogne : La PMA autorisée pour toutes les femmes, c'est ce que vous attendiez ? 

Marie-Clémence Bordet-Nicaise : Oui on l'attendait ! On l'attendait parce qu'il est temps que ça se passe. On en parle depuis tellement longtemps que je suis heureuse que ça se concrétise au moins avec des dates. Maintenant, espérons qu'il n'y ait pas de retard sur l'agenda annoncé. 

Pourquoi il était temps ?

Nous, nous avons pu avoir recours a une PMA en Espagne pour notre fille, mais on sait que si on a envie d'agrandir la famille prochainement, on aimerait éventuellement pouvoir le faire en France, pour avoir un cadre légal, sécurisé, un cadre médical plus sécurisé plutôt que d'aller en Espagne et de faire ça de manière cachée. Aujourd'hui, c'est une réalité, il y a énormément d'enfants qui sont conçus par PMA à l'étranger. Il est temps à un moment de se connecter à la réalité et, juste, d'autoriser quelque chose qui existe déjà, et de mettre en sécurité ces enfants et ces femmes.  

La PMA pour toutes les femmes en France, qu'est-ce-que cela change ?

Pour nous, en tant que couple ça change beaucoup. Ça change déjà sur un plan financier, une PMA en Espagne ou en Belgique, ça coûte de l'argent et tout le monde n'a pas les moyens de le faire. Nous on a pu le faire, mais d'autres femmes, célibataires ou en couple, n'ont pas forcément ces moyens financiers. Pour nous, par exemple, ça a coûté 1.500 euros, une insémination, si ça marche du premier coup... Tout le monde ne peut pas investir autant sur un protocole comme celui-ci. Ça change aussi en terme de suivi médical. Aller en Espagne et faire ça avec des médecins, qui ne sont pas forcément Français, et à peine francophones, avoir un suivi avec une culture qui est différente ce n'est pas pareil que d'être suivie par son médecin en France. Ça change également en terme de perception, d'image : faire ça à l'étranger, on a l'impression de se cacher. Faire de la route, traverser la frontière espagnole, comme nous on a dû le faire, pour fonder une famille c'est symboliquement très gênant. Donc ça nous permettrait juste d'avoir un cadre légal et médical plus rassurant, plus sécurisant et c'est très important pour nous, en tant que couple, en tant que femmes, et puis aussi pour nos enfants plus tard. 

Ça a été long à obtenir, c'est fait aujourd'hui, est-ce que c'est gagné ? 

Non, je considère que tant qu'on ne me dit pas c'est bon, vous pouvez y aller ce sera pas gagné. Je reste très prudente, parce que j'ai l'impression qu'on nous annonce souvent de nouvelles dates, printemps prochain, été prochain, etc... Mais, concrètement aujourd'hui je n'ai pas encore le droit de le faire, donc tant qu'on ne me dit pas c'est bon, c'est fait, je resterais assez prudente. Nous, idéalement, on aimerait concevoir un autre enfant en France, mais je n'attendrai pas éternellement. S'il faut je retournerais en Espagne cette année ou l'année prochaine si j'ai l'impression que la France ne suit pas, en tout cas, pas dans les délais qui sont annoncés. 

Est-ce que vous attendez autre chose que la PMA, il y a d'autres combats à mener ? 

Moi, ce que j'aimerais, c'est que lorsqu'il y a une naissance dans le cadre d'une PMA l'autre mère, dans notre cas, soit reconnue d'office comme la mère légale. Notre fille va avoir 11 mois et ça ne fait que quelques semaines que Aurore, ma femme, est reconnue comme sa mère. Nous avons dû faire une démarche d'adoption plénière, qui a pris 10 mois, qui a un coût, on passe chez un notaire, puis au tribunal, c'est long, et encore nous on a eu de la chance, ça n'a pris que 10 mois ! Pour certains couples, ça peut prendre plusieurs années, ça peut être très long et très douloureux et j'aimerais qu'à un moment on soit plus logique : on nous autorise à nous marier dans le but de pouvoir fonder une famille, aujourd'hui on aimerait avoir cette autorisation légale et j'aimerais que dans la suite logique, quand il y a un projet d'avoir un enfant entre deux femmes, que d'office la seconde mère soit reconnue comme telle. Qu'il n'y ait pas toutes ces démarches qui mettent dans une situation d'insécurité immense. Pendant toute cette période là, s'il m'arrivait quelque chose, ma compagne n'aurait eu aucun droit sur notre fille et ça c'est très grave et très gênant aujourd'hui que ça puisse encore très possible. 

Marie-Clémence Bordet-Nicaise a aussi écrit un livre "On ne choisit pas qui on aime" (Editions Flammarion) dans lequel elle raconte, comment issue d'une famille bourgeoise et catholique sa vie a basculé après sa rencontre avec Aurore.