Société

Landes : les salariés de Caillor à Sarbazan dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail

Par Frédéric Denis, France Bleu Gascogne mercredi 25 mars 2015 à 17:01

Les salariés de Caillor à Sarbazan décrivent des conditions de travail épuisantes
Les salariés de Caillor à Sarbazan décrivent des conditions de travail épuisantes © Radio France - Frédéric Denis

Les 80 salariés de l'usine Caillor à Sarbazan dans les Landes d'Armagnac ont cessé le travail près d'une heure ce mercredi matin. Une action très rare dans cette usine où l'on abat, découpe et conditionne des cailles depuis 1977. Ils protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail depuis deux mois.

L'activité de l'usine Caillor à Sarbazan dans les Landes d'Armagnac a été interrompu pendant près d'une heure ce matin. Les 80 salariés ont cessé le travail  pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail depuis deux mois. Ils expriment de la souffrance au travail.

Dans un communiqué, la direction de Caillor rappelle qu'un préavis de grève avait été déposé pour ce mercredi 25 mars à 10 h. Il a été levé car elle s'est engagée à travailler pour améliorer les conditions de travail.

Le président de Caillor a rappelé que l'entreprise a mandaté il y a un mois un cabinet d'ergonome pour travailler sur les postes où les salariés sont en souffrance. Sinto Granel a reçu une délégation de salariés issus des ateliers d'abattage et conditionnement.

"On reste parfois jusqu'à 10 heures debout, sur place"

Des salariés du secteur conditionnement décrivent des conditions de travail épuisantes : 7.000 cailles à l'heure à emballer alors que les effectifs ont été réduits sur la chaine : de 12 à six personnes sur la chaine.

Les salariés décrivent un travail répétitif qui causent des troubles musculo-squelettiques. Ils expliquent aussi devoir désormais travailler debout, sur place, parfois jusqu'à dix heures par jour, car on leur a supprimé les sièges. Plus facile pour aller aider un collègue qui en a besoin se défend la direction.

"J'ai déjà vu des responsables pleurer sur le lieu de travail à cause du travail."

Epuisement physique et psychologique, dépression, la déléguée syndicale Force Ouvrière chez Caillor, Corine Dupuch déplore une dizaine d'arrêts de travail dans son entreprise depuis un mois. Le directeur général de Caillor, Pascal Collot, parle d'une vingtaine par an, soit deux fois moins que dans les années 2000.

La cadence devrait même augmenter pour atteindre les 10 000 cailles par heure à conditionner avec l'ouverture, au plus tard début 2016, de la nouvelle usine Caillor à Sarbazan. L'entreprise rénove tout son outil industriel pour huit millions d'euros en ce moment. Les salariés redoutent les conséquences de l'ouverture de cette nouvelle unité.

17H Caillor 1 enro

Caillor emploie 200 salariés sur ses différents sites à Sarbazan et sur les communes alentours. La société a été vendue en 2006 à Solé-Bertran, le leader leader espagnol de la caille.