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Société DOSSIER : La santé : un enjeu électoral 2017

Landes : vivre chez soi, à 100 ans

dimanche 5 mars 2017 à 18:00 Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne

0 SONDAGE, 1000 REPORTAGES. Aujourd'hui, France Bleu s’intéresse à la question de la dépendance des personnes âgées. La maison de retraite n'est pas toujours la meilleure solution. Rencontre avec des Landais centenaires, qui vivent chez eux.

Marcel, 100 ans, vit chez lui à Saint-Pierre-du-Mont
Marcel, 100 ans, vit chez lui à Saint-Pierre-du-Mont - Lisa Melia

Landes, France

Sur le perron de sa maison, à Saint-Pierre-du-Mont, Marcel soulève une table en plastique, avant de descendre les trois marches qui mènent dans le jardin. Son fils, Richard, le réprimande gentiment, mais Marcel, 100 ans tout rond, n'est pas du genre à laisser les autres travailler à sa place. "Je cours, je saute, je nage", affirme celui qui se surnomme lui-même "l'Ancient".

Jeunesse d'esprit

Champion d'escrime, agriculteur, pilote pour l’armée de l'air sur la base de Mont-de-Marsan, brancardier à Lourdes... Marcel a connu plusieurs vies au cours de son siècle d'existence. Le secret de son énergie ? "J'aime sourire, j'aime la vie, j'aime la vie, j'aime la vie", répète-t-il, en faisant la démonstration de son rire communicatif. Un seul signe trahit la vieillesse chez le centenaire : il entend de moins en moins bien et il faut hausser la voix pour discuter avec lui. A part ce détail, Marcel semble ignorer son âge. "Je pense que mon père a 40 ans dans sa tête", sourit Richard.

Une jeunesse d'esprit, qui explique peut-être pourquoi Marcel vit encore chez lui, dans la maison qu'il a construit avec son épouse. Un quotidien quasiment autonome. Sabine, aide à domicile, passe deux fois par jour pour lui tenir compagnie et préparer le repas. Ses 10 fils et filles s'organisent pour entourer leur père. "L'une de mes soeurs était infirmière, moi je m'occupe des petits travaux comme changer une ampoule ou réparer de la plomberie, indique Richard. Chacun trouve sa place pour que Papa reste chez lui, comme il l'entend."

Le secret de la vitalité de Marcel

Le refus de la maison de retraite

40% des Français ont déjà été confrontés à un proche dépendant. La majorité d'entre eux préfèrent le maintien à domicile plutôt que la maison de retraite. Toutefois, assurer la sécurité et le confort d'un parent âgé, chez lui, demande des ressources financières et une organisation solides. Ainsi qu'une bonne dose de sacrifice. Marie-Christine, jeune retraitée, a mis sa vie entre parenthèse pour s'occuper de son père.

Alfred, 99 ans, préfère qu'on l'appelle Elie. Ancien métayer, il vit au même endroit depuis son retour de la guerre. Il a passé toute sa vie d'adulte, d'homme marié et de père dans cette maison. "Je ne veux pas aller en maison de retraite, explique le Landais qui aura 100 ans en avril prochain. Ici, c'est chez moi, je veux y rester." Là aussi, la famille s'est pliée à la décision.

Je ne sors plus, je ne vois quasiment plus personne, raconte Marie-Christine. Parfois, la situation me pèse. Pourtant, je n'imaginerai pas envoyer mon père dans une maison de retraite. En une semaine, il serait parti, j'en suis sûre.

Alors, encore une fois, la famille s'organise. Elie a été amputé d'une jambe, il n'entend plus très bien. Il faut donc qu'il soit accompagné, à chaque instant de la journée, ou presque. "J'ai travaillé en maison de retraite, alors je sais qu'ils font le maximum pour le bien-être des pensionnaires, avance Christelle, la petite-fille d'Elie. Mais je sais aussi que je préfère que mon papy vive chez lui. Ici, il est heureux, nous nous occupons de lui. Bien sûr, tout le monde ne peut pas faire ça pour un proche dépendant. Il faut être disponible."

Elie, entouré de deux de ses filles et de l'une de ses petites-filles - Aucun(e)
Elie, entouré de deux de ses filles et de l'une de ses petites-filles - Lisa Melia

Rester chez soi

Tout dépend aussi du degré de dépendance des Anciens. Paulette, 102 ans, n'a besoin de personne. Ses enfants lui ont acheté deux déambulateurs, l'un se trouve au rez-de-chaussée, l'autre au premier étage. Elle dispose aussi d'un fauteuil adapté, qui se relève dès qu'elle appuie sur un bouton, pour retrouver la position debout sans se blesser. "Je suis entourée d'une famille aimante et affectueuse", raconte-t-elle.

Coquette, la vieille dame reçoit avec un sourire, s'inquiète de savoir si elle est bien coiffée, prend le temps de partager ses souvenirs et d'expliquer le choix de rester chez elle.

J'ai toute ma tête, je ne suis pas malade. Pourquoi ne vivrais-je pas chez moi ?. J'ai passé ma vie dans cette maison, elle est pleine de souvenir et je ne souhaite pas la quitter. Tous les matins, une aide à domicile, du CIAS, vient me voir. Ensuite, je prépare mon repas, je me repose, je profite du soleil dans le jardin quand il y en a. Cet après-midi, une amie vient me rendre visite. Nous jouerons au scrabble ! - Paulette, 102 ans

Paulette, 102 ans

Paulette, dans sa maison à deux pas des arènes de Mont-de-Marsan - Aucun(e)
Paulette, dans sa maison à deux pas des arènes de Mont-de-Marsan - Lisa Melia

Des aides pour les aidants

Les exemples de Paulette, d'Elie et de Marcel illustrent la disparité des situations et la complexité de la question de la dépendance en France. Si eux vivent heureux, chez eux, le maintien à domicile représente un parcours du combattant pour de nombreuses familles, qui estiment qu'ils ne sont pas assez aidés par les pouvoirs publics.

La loi d'adaptation de la société au vieillissement, votée en mars 2015, donne la priorité au maintien à domicile. Or, alors que plus de la moitié des personnes âgées de plus de 70 ans vivent seules, les accidents domestiques tuent 9 000 seniors chaque année.

Des aides existent pourtant, comme l'APA (allocation personnalisée d'autonomie), le chèque emploi service universel ou le crédit d'impôt maintien à domicile, qui permettent de financer une partie des frais, quand un retraité tient à reste chez lui. L'agence nationale de l'habitat a déjà aidé 13 000 personnes âgées à rénover leur logement. L'objectif est d'atteindre les 80 000 logements adaptés d'ici la fin de l'année 2017.

Où sont les projets des candidats sur la dépendance ?

Reste qu'à moins de trois mois de l'élection présidentielle, peu de candidats se penchent réellement sur le dossier.

Le Front national propose la création d'une cinquième branche au sein de la sécurité sociale, dédiée à la dépendance et financée par les droits de douanes, un vaste plan d'économie et une plus grande taxation des revenus du capital.

Jean-Luc Mélenchon se contente d'évoquer une prise en charge publique et la création de 50 000 places supplémentaires en EHPAD.

A l'inverse, François Fillon mise plutôt sur une généralisation d'une couverture assurantielle privée, ainsi que sur le développement de la prévention de toutes formes de dépendance.

Ni Benoît Hamon, ni Emmanuel Macron ne mentionnent le sujet sur leurs sites internet respectifs.

►►► ECOUTER AUSSI l Le maintien des personnes âgées à domicile

Pourtant, la question ne cessera de prendre de l'importance. Selon un rapport publié en octobre 2016 par le Conseil d'analyse économique, le coût de la dépendance varie entre 41 et 45 milliards d'euros, dont 23,5 milliards sont pris en charge par la dépense publique. En France, nous comptons 21 393 centenaires. Nous sommes le second pays au monde avec le plus de centenaires, après le Japon.

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