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Société

Latifa Ibn Ziaten sur le terrain à Toulouse, au lendemain des tags menaçants sur sa maison en Normandie

Au lendemain des menaces taguées sur les murs de sa maison près de Rouen, Latifa Ibn Ziaten était à Toulouse. Inlassablement, la mère de la première victime de Merah en 2012 va à la rencontre des habitants des quartiers sensibles, ce mardi au Mirail, à la bibliothèque de Bagatelle.

Latifa Ibn Ziaten à la bibliothèque de Bagatelle ce 11 juin 2019.
Latifa Ibn Ziaten à la bibliothèque de Bagatelle ce 11 juin 2019. © Radio France - Bénédicte Dupont

Bagatelle, Toulouse, France

Elle avait prévenu. Quelques heures après avoir découvert ces tags ignobles en ouvrant les volets de sa maison de Sotteville-lès-Rouen ce lundi matin, Latifa Ibn Ziaten a reçu des journalistes chez elle, et accepté les interviews des chaînes nationales par téléphone. "Jamais je ne m'arrêterai, même si il faut mourir", a confié cette mère-courage. À 59 ans, Latifa Ibn Ziaten est reconnue partout en France comme un symbole de force, de tolérance, de magnanimité et de persévérance. Les écoles, les prisons, les maisons de quartiers, les associations : les invitations pleuvent et cette mère de cinq enfants les trient sur le volet. Ce mardi, elle est venue répondre aux questions des habitants du quartier Bagatelle à Toulouse, à la bibliothèque Antoine de Saint-Exupéry.

Reportage de Bénédicte Dupont (1'50'')

Certains inscrits ne sont finalement pas venus, par peur, après les menaces que l'invitée a reçues lundi. Mais il y a tout de même 120 participants assis entre les livres de la bibliothèque : des mamans, des actifs, des retraités, des jeunes du quartier. Escortée de deux gardes du corps et deux policiers en civil, Latifa Ibn Ziaten a fait le trajet lundi, de Rouen jusqu'à Toulouse, en voiture, par mesure de sécurité. Elle n'a plus le droit de prendre les transports en commun depuis ces menaces. Mais elle est bien là.

"J'ai aidé des gens, j'ai sauvé des jeunes, je les ai empêchés de tomber dans la secte terroriste. Pour eux, je ne peux pas arrêter. Et je n'ai pas peur." — Latifa Ibn Ziaten

Face à la mère du soldat tombé face à Merah, d'autres mamans venues chercher des réponses parce que leur fille ou leur fils s'est converti à l'islam, un éducateur lui même "issu de la mixité" dit-il qui veut simplement la remercier pour tout ce qu'elle fait ; une jeune immigrée qui lui dit en arabe faute de maîtriser le français qu'elle voudrait bien s'intégrer mais elle "vit dans un ghetto" sans mixité, à la Reynerie ; et puis des jeunes des quartiers qui prennent la parole comme ce garçon de 17 ans qui lui demande à quoi ça sert de former les imams "puisqu'un Imam prêche pour Dieu, pas pour les humains, il peut s'auto-former". Après la réponse de Latifa qui prône un Islam républicain, éduqué, parlant à la fois l'arabe et le français, les copains du jeune homme sont venus dire à la mère de famille que "Sofiane voulait la remercier, ça l'a fait réfléchir". 

Rachida Rucinski, resp. section adulte de la bibliothèque "Le vivre-ensemble, c'est un travail de fourmi, mais ensemble on va y arriver".

"Le vivre-ensemble se dégrade. Il fat continuer de discuter, témoigner. Latifa a un don de communication avec des mots très simples, son discours fait forcément trace." — Florence Manières-Mezon, responsable de la section jeunesse à la médiathèque de Bagatelle

Latifa Ibn Ziaten repart ce mercredi matin de Toulouse où dit-elle "c'est à chaque fois beaucoup de souffrances, et de bons souvenirs à la fois". Son fils Imad, militaire à Francazal, a passé dix ans près de Toulouse, il habitait Blagnac.

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