Société

Latifa Ibn Ziaten témoigne à Montreuil contre la radicalisation

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris mercredi 25 janvier 2017 à 12:25

Latifa Ibn Ziaten lors du débat, à Montreuil, mardi 24 janvier.
Latifa Ibn Ziaten lors du débat, à Montreuil, mardi 24 janvier. © Radio France - Rémi Brancato

Depuis bientôt cinq ans, Latifa Ibn Ziaten, mère du premier militaire tué par Mohammed Merah, sillonne la France pour porter un message de paix. Elle était ce mardi soir à Montreuil, invité par un collectif d'habitants.

Le "collectif vivre ensemble", fondé après les attentats de 2015 à Montreuil, avait invité Latifa Ibn Ziaten ce mardi soir pour une rencontre débat au collège Lenain-de-Tillemont, dans le quartier Bel-Air-Grands-Pêchers. Venue débattre de son combat contre la radicalisation des jeunes notamment, elle a d'abord raconté son histoire.

"Les parents ont une responsabilité"

Son fils, Imad, dont l'association qu'elle a fondée porte le nom, a été tué par Mohammed Merah, le 11 mars 2012. Peu de temps après, elle s'est rendue dans le quartier du terroriste et a rencontré des jeunes. "'Ce jeune sourit" raconte-t-elle devant les quelques 200 personnes réunies ce mardi : "il me dit que Mohammed Merah est un martyr, un héros de l'Islam : et là je me suis dit 'mon Dieu, ils me l'ont tué une deuxième fois!'" Cette rencontre, en forme de déclic, la convainc de témoigner partout pour lutter contre le radicalisme.

"Les parents ont une responsabilité, quand on fait un enfant on est responsable de lui" martèle celle qui insiste sur l'importance de l'éducation. Si elle dit avoir pardonné à Mohammed Merah elle reconnaît en revanche en vouloir "à la mère".

"Les parents ont une responsabilité" dit Latifa Ibn Ziaten

"Ce sont des assassins, pas des jihadistes"

Dans la salle, les remarques et les questions fusent. "Pourquoi le jihad est en France et pas en Chine" demande une collégienne. "Pour moi ce sont des assassins, pas des jihadistes, ma fille", répond elle, après avoir rappelé que le terme de jihad signifie avant tout un combat intérieur et pour le bien.

Elle raconte aussi venir en aide au jeunes radicalisés, en prison. "Mon petit frère n'a pas eu la chance de ceux que vous suivez aujourd'hui" lâche alors une jeune femme, entre deux sanglots : "il est parti en Syrie il y a deux ans (...) il travaillait très bien à l'école et pourtant il s'est fait avoir" raconte brièvement celle qui dit témoigner pour la première fois.

"Je suis au collège Paul Eluard et je voulais savoir si vous pouviez venir" tente enfin ce jeune collégien de cinquième, qui repart avec les coordonnées de Latifa Ibn Ziaten. Celle qui parcourt inlassablement le pays pour porter son message ajoutera sans doute une nouvelle date à son tour de France.