Société

Le Biscuit rose de Reims entre dans le Petit Larousse 2018

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu mardi 20 juin 2017 à 11:03

Le biscuit rose a été créé au XVIIe siècle par la maison Fossier
Le biscuit rose a été créé au XVIIe siècle par la maison Fossier © Maxppp - Maxppp

La spécialité rémoise créée au XVIIe siècle sera désormais dans le Petit Larousse, dont l'édition 2018 sort ce mardi 20 juin. Une fierté pour la maison Fossier, créatrice du biscuit, qui en fabrique 60 millions par an.

"Un petit gâteau sec, rectangulaire, teinté de carmin, parfumé à la vanille et saupoudré de sucre glace". Voilà la définition choisi par le Petit Larousse pour le biscuit rose de Reims. Il fait son entrée dans le dictionnaire en même temps qu'une autre spécialité culinaire, le Bredele alsacien, mais aussi aux côtés de personnalités comme Emmanuel Macron, Véronique Sanson, Nikola Karabatic ou de mots tels que ubérisation ou déradicalisation.

60 millions de biscuits fabriqués chaque année

C'est par hasard que Charles-Antoine de Fougeroux, le PDG de la biscuiterie Fossier, a appris que le produit phare de son entreprise allait être inscrit dans le dictionnaire : "Nous n'avons pas été consulté par Larousse", explique-t-il, mais il estime que "C'est un grand jour pour Fossier, mais aussi pour les Rémois. Tout ceux qui le fabriquent et le dégustent peuvent être fiers". Avec 60 millions de biscuits roses produits chaque année, la maison Fossier n'avait sans doute pas besoin de cette entrée dans le dictionnaire pour accroître sa notoriété, mais Charles-Antoine de Fougeroux compte bien s'en servir quand même : "Tout est important pour le remettre au goût du jour et dans la gastronomie."

Même si la création du biscuit rose est bien antérieure à celle du champagne, les deux spécialités restent pour beaucoup indissociables et notamment pour la clientèle étrangère. Car si le biscuit se vend bien en France, il séduit aussi hors des frontières, dans les pays consommateurs du vin des rois comme l'Amérique du Nord, l'Asie, l'Australie ou le Moyen-Orient. "L'association entre les deux s'est faite parce qu'on est sur une unité de territoire", avance Charles-Antoine de Fougeroux.

Du carmin pour cacher les grains de vanille

Comme de nombreuses recettes, c'est par hasard que le biscuit rose a été inventé. Les boulangers ne savaient pas quoi faire de la chaleur résiduelle des fours après la cuisson des pains. Ils ont fait un mélange de sucre, oeufs et farine qu'ils ont oublié dans le four et voilà comment il est né ! Trop fade, les boulangers ont ensuite eu l'idée d'ajouter de la vanille, mais les grains noirs n'étaient pas esthétiques, d'où l'ajout de carmin dans la préparation.

Les premiers écrits évoquant le biscuit rose remontent à 1690 et l'on sait que lors des sacres à la cathédrale de Reims, les futurs rois étaient accueillis avec des paniers de biscuits, dont le rose. Le peintre Paul Cézanne a lui aussi contribué à la notoriété de la spécialité rémoise en peignant cinq natures mortes dans lesquelles on aperçoit le petit biscuit rectangulaire. L'une de ces natures mortes a d'ailleurs servi d'illustration au billet de 100 francs de l'époque, le fameux billet Paul Cézanne.

Charles-Antoine de Fougeroux, PDG de la biscuiterie Fossier