Société

Le "bouclier de sécurité" de Valérie Pécresse adopté par le conseil régional d'Ile-de-France

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région vendredi 22 janvier 2016 à 16:32

La première séance du conseil régional de la présidente LR, Valérie Pécresse
La première séance du conseil régional de la présidente LR, Valérie Pécresse © Maxppp - Vincent Isore

Le "bouclier de sécurité", vivement critiqué par l'opposition, a été adopté par la région Ile-de-France vendredi. Ce bouclier va développer la vidéosurveillance et les portiques de sécurité, financer des centres de déradicalisation et protéger les lycées

La nouvelle présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), a fait voter vendredi son "bouclier de sécurité". C'était une promesse de campagne. Ce bouclier propose une série de mesures pour renforcer la sécurité dans la région. Valérie Pécresse souhaite développer la vidéosurveillance, financer des prisons et des centres de déradicalisation. Elle veut d'avantage de portiques de sécurité. Elle veut aussi créer une "bulle" autour des lycées et renforcer la sécurité dans les transports franciliens. 

Ce bouclier prévoit que la Région cofinance la construction de prisons et aide au financement d'équipements modernes pour la police. Un fond régional pour aider les établissements culturels, les salles de spectacle et les installations sportives à s'équiper d'un portique de sécurité va être créé.

L'opposition dénonce une "politique à la gribouille"

Le texte a été adopté par 116 voix pour, 12 contre et 22 abstentions? Le groupe PS n'a pas pris part au vote, il a quitté l'hémicycle avant la fin des débats. Les groupes de gauche et le Front National ont dénoncé  ce qu'ils ont qualifié de "fourre-tout bâclé" ou de "politique à la gribouille".

La présidente de la Région, Valérie Pécresse, assure que ce bouclier rentre "totalement dans les compétences de la Région". 

L'opposition n'est pas d'accord. "Vous n'êtes que présidente de la Région et non ministre de l'Intérieur " a dit Fabien Guillaud-Bataille (FG) à Valérie Pécresse. " Beaucoup trop de choses dans ce texte sont hors compétence" a lancé Jean-Lin Lacapelle (FN) tandis que Carlos da Silva, chef du groupe PS regrettait "qu'elle place au même niveau la lutte contre la délinquance et la lutte contre le terrorisme". 

De son côté, Frédéric Péchenard, vice-président chargé de la sécurité au conseil régional, a répliqué : "Même si nous n'allons pas nous substituer à l'Etat, nous pouvons aider l'Etat".

Pas question de donner 300 millions pour le passe Navigo

Le conseil régional n'assumera pas sur son budget de fonctionnement les 300 millions d'euros supplémentaires annuels nécessaires pour financer le passe Navigo unique à 70 euros. Les conseillers régionaux ont dit non.

Le passe unique a été lancé par la précédente mandature socialiste, trois mois avant les élections régionales remportées par Les Républicains. Sur un coût global de 500 millions, 300 millions ne sont pas financés. Le conseil régional demande à l'Etat de faire un effort. Stéphane Beaudet (LR), vice-président en charge des transports, souhaite que ce financement soit trouvé "au sein du STIF ( e syndicat des transports d'Ile-de-France) et avec l'Etat". 

Valérie Pécresse et Manuel Valls se sont rencontrés à ce sujet. Un groupe de travail entre la Région et Matignon a été créé pour explorer des pistes de financement.