Société

Le café Le Bougnat déclaré "première ZAD de Seine-Saint-Denis"

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris vendredi 13 janvier 2017 à 17:03

Le café "au Bougnat", à Pantin
Le café "au Bougnat", à Pantin © Radio France - Rémi Brancato

Le café restaurant Le Bougnat ferme ses portes ce vendredi, à Pantin, en Seine-Saint-Denis. La maison qui abrite cet établissement centenaire doit être rasée en vue de la construction de logements. Un collectif d'habitants refuse et déclare les lieux ZAD, "zone à défendre".

"Le Bougnat, c'est un lieu comme il existait avant : tout le monde se connait, arrive au bar, discute" explique cet habitué, justement installé au comptoir pour ce dernier jour de service. Le Bougnat célèbre établissement de la rue Hoche, à Pantin, ferme ses portes ce vendredi. A l'extérieur, quelques dizaines d'habitants sont rassemblés, à l'appel de l'association Pantin Patrimoine, mobilisée depuis des mois contre cette fermeture. Ils sont venus déclarer le Bougnat "zone à défendre".

13 ans de procédure

"Zadistes pantinois, pourquoi pas" s'amuse Pierre-Louis Samain, membre de l'association, qui précise que pour l'instant aucune occupation des lieux n'est prévue comme à Notre Dame des Landes, mais des actions, des "bougnats éphémères" sur le marché notamment, pour faire vivre le lieu, même après sa fermeture.

La maison qui abrite le Bougnat est vouée à la démolition. Après 13 ans de procédure le propriétaire des lieux a finalement vendu l'été dernier, laissant la place au programme de logements prévu sur la parcelle. "On craint que les bulldozers arrivent très rapidement d'où l'intérêt de déclarer le Bougnat zone à défendre : c'est maintenant qu'il faut en parler" insiste Pierre-Louise Samain.

Même si Le Bougnat ferme les habitants restent mobilisés. Rémi Brancato

Une affiche accrochée par les habitants mobilisés contre la disparition du Bougnat. - Radio France
Une affiche accrochée par les habitants mobilisés contre la disparition du Bougnat. © Radio France - Rémi Brancato

"Un pan de l'histoire populaire qui risque de disparaître"

"C'est un pan de l'histoire, essentiellement populaire qui risque de disparaître, la rue Hoche était une rue d'entreprises artisanales et le Bougnat en est une entreprise typique" rappelle pour sa part Michel Le Bec, le président de Pantin Patrimoine. Créé en 1909 ou 1910, le bar restaurant est "resté un lieu de vie" selon lui, "ce qui en fait son originalité".

Michel Le Bec, président de Pantin Patrimoine

Alors l'association a déjà recueilli environ 2000 signatures sur sa pétition qui réclame le maintien du Bougnat. "On demande que la maison soit intégrée à l'ensemble immobilier qui sera construit sur la parcelle" explique Michel Le Bec qui demande aujourd'hui un "moratoire" sur la destruction et une table ronde avec les élus. Sollicitée, la mairie de Pantin, n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.