Société

Le centre de déradicalisation islamiste en place à Bordeaux

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde mercredi 6 janvier 2016 à 16:03

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Le CAPRI - Centre d'Action et de Prévention contre la Radicalisation des Individus - est officiellement lancé samedi à Bordeaux. Cette structure, unique dans le Sud-Ouest, prend déjà en charge une dizaine de personnes et de familles confrontées à l'islamisme radical.

À l'occasion du premier anniversaire des attentats contre Charlie Hebdo et l'hyper Cacher, le CAPRI, le Centre d'Action et de Prévention contre la Radicalisation des Individus va être lancé officiellement samedi à Bordeaux. Cette association, financée principalement par l'Etat, a pour mission de lutter contre l'islamisme radical. Trois psychologues y travaillent depuis le mois d'octobre, et une dizaine de personnes sont déjà suivies. Des cas signalés par la Préfecture (deux de ces personnes font partie des cinq assignées à résidence en Gironde) ou par les familles elles-mêmes.

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Ces personnes ou ces familles sont pris en charge individuellement. Si le comportement d'un proche a changé brutalement, et que cela vous inquiète, vous pouvez saisir l'association  qui vous fixera un rendez-vous et verra comment elle peut vous aider.

Un collège d'experts, composé de psychiatres, de psychologues , de spécialistes de l'emprise mentale et de théologiens de l'islam, se réunit tous les 15 jours pour examiner les dossiers, et proposer la meilleure prise en charge possible.

— Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la diversité, secrétaire général et porte-parole du CAPRI.

"Il faut apporter une réponse adaptée à chaque profil" Marik Fetouh

Il y a trois grands types de personnes radicalisées, et il s'agit d'apporter la réponse appropriée.

Pour les personnes qui souffrent de troubles mentaux, il s'agit en lien avec les psychiatres de trouver la réponse médicale adaptée. Pour celles qui souffrent d'emprise mentale, de permettre aux familles de récréer le lien affectif. Et pour les jeunes issus de l'immigration, qui se sont radicalisés en groupe, de faire appel à des spécialistes de l'Islam pour les désendoctriner.

— Marik Fetouh

Marik Fetouh, secrétaire général du CAPRI  - Radio France
Marik Fetouh, secrétaire général du CAPRI © Radio France - Pierre-Marie Gros

Cette association possède ses propres locaux, près de la place Gambetta, à Bordeaux. Il existe très peu de structures de ce type en France, seulement en Alsace, sur la Côte d'Azur et en Ile-de-France. Celle de Bordeaux sera lancée officiellement par Patrick Kanner, ministre de la  Ville, de la Jeunesse et des Sports, lors d'un colloque à l'Athénée Municipal, à Bordeaux, sur le thème "Quelles réponses face à la montée de la radicalisation?"

Vous pouvez joindre le CAPRI au 09.83.59.17.11. ou sur le site www.radicalisation.fr.