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Le Cirque Muller, cinquième génération, n’imagine pas un spectacle sans animaux sauvages

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Par , France Bleu Occitanie

Cette famille de cirque depuis 1890 est souvent visée par les associations de défense des animaux, mais défend le droit de mettre ses tigres, ses lions ou ses hippopotames en spectacle, malgré l’annonce de la ministre Barbara Pompili de la "fin progressive" des animaux sauvages dans les cirques.

La ménagerie du cirque Muller - 60 animaux - fait étape à Saint-Orens dans la banlieue de Toulouse
La ménagerie du cirque Muller - 60 animaux - fait étape à Saint-Orens dans la banlieue de Toulouse © Radio France - Olivier Lebrun

Les associations de défense des animaux le réclamaient depuis longtemps, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili annonce la "fin progressive" des animaux sauvages dans les cirques itinérants,  ainsi que la fin de la reproduction des orques et des dauphins en captivité. Actuellement, il a y environ 500 fauves dans les cirques français selon la profession. La ministre assure que  "des solutions vont être trouvées au cas par cas, avec chaque cirque, pour chaque animal", soulignant que ces animaux ne pourront évidemment pas être "remis en liberté".

Un cirque sans animaux n’est pas un cirque

Le retrait des animaux dans son cirque, Frank Muller, cinquième génération de cette dynastie du cirque Muller, ne veut pas en entendre parler : "on est presque 300 cirques en France à détenir des animaux, même si on me donne 40.000 ou 100.000 euros aujourd’hui pour se reconvertir, quel est l’avenir de nos enfants.

Moi, on m’a donné qu’un seul diplôme, c’est un certificat de capacité pour présenter mes animaux en spectacle. Si on m’enlève mes animaux, que vont devenir toutes les entreprises de cirque, et où va-t-on mettre tous ces animaux" ajoute Frank Muller qui est aussi président du syndicat du cirque. 

Frank Muller - "Nous sommes prêts à monter à Paris , et lâcher nos animaux dans les rues"

Il ne décolère pas contre cette "ministre écolo bobo" qui a pris cette décision qu’il juge purement "politique". "Si nous ne sommes pas reçu par le premier ministre, on s’est concerté tous les cirques, on est prêt à monter tous les animaux à Paris et on va lui faire un beau cadeau à madame la ministre. Vous les voulez les animaux de cirque, ce n’est pas sur un délai de cinq ans. On va arriver avec les semi-remorques, et on va vous laisser avec les animaux dans Paris !"

L'hippopotame Jumbo, star du cirque Muller depuis 30 ans
L'hippopotame Jumbo, star du cirque Muller depuis 30 ans © Radio France - Olivier Lebrun

Jumbo l’Hippopotame est monté au Conseil d’Etat 

Le cirque Muller est régulièrement la cible des associations de défense des animaux qui dénoncent l’utilisation des tigres, lions, zébres et autres hippopotames dans ses spectacles.

"Jumbo" l’hippopotame du cirque est même devenu l’emblème de ce débat sur le "bien-être animal." L’affaire est même montée jusqu’au Conseil d’Etat qui a rejeté le recours des associations qui veulent interdire l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques.

Jumbo l’hippopotame amuse les enfants depuis 30 ans

"Jumbo" est toujours là dans sa "piscine" au pied du camion qui doit bientôt le renvoyer sur les routes de France. Cela fait trente ans qu’il amuse les enfants.  "Il ouvre sa gueule et les enfants lui lancent des melons. Dans la journée, l’hippopotame revient près des caravanes, il cherche son papa, parce que c’est lui qui l’a élevé . Il s’allonge devant les caravanes et ma sœur monte dessus, lui caresse l’oreille et il s’endort. Pour nous, il est heureux" - assure Frank Muller.

"Un animal de trois tonnes, s’il était maltraité, il nous le ferai savoir, il nous chargerait. Il faut savoir que l’hippopotame est l’animal qui tue le plus d’humains en Afrique."

C’est loin l’Afrique 

L’Afrique est pourtant bien loin de ce terrain vague de la zone commerciale de Saint-Orens-de-Gameville dans la banlieue de Toulouse où le cirque Muller fait étape depuis trois semaines avec toute sa ménagerie. Les spectacles réunissent chaque soir entre 400 et 900 spectateurs, et "les _enfants viennent pour voir les animaux_" assure le patron du crique Muller.

Pourtant, les curieux ne sont pas de cet avis : 

"C’est contre nature, je vois des zèbres en cage, un éléphant, c’est pas leur place ici, moi ça ne me plait pas" dit cette dame.

"On sait bien que les enfants adorent voir ça, mais je pense que pour les animaux , c’est vraiment porter atteinte à leur liberté" dit ce monsieur qui fait ses courses dans le supermarché voisin. "Les lions, en Inde ou en Afrique, ils seraient dix fois mieux."

Une ministre "écolo bobo"

Frank Muller qui tourne avec soixante personnes et 60 animaux dont 30 animaux sauvages sur les routes de France est prêt à négocier sur le bien-être de ses animaux.

Le cirque Muller et ses animaux repartent sur les routes
Le cirque Muller et ses animaux repartent sur les routes © Radio France - Olivier Lebrun

"Si on me dit, vous avez des dromadaires et des chameaux, il faut mettre des bacs à sable, on parle du bien-être des animaux, mais pas d’une abolition des animaux dans les cirques. Là, on veut nous imposer une interdiction qu’on n’acceptera pas.

On n’acceptera pas la décision du gouvernement." tonne Frank Muller qui est déjà remonté dans la cabine de son poids- lourd et dans son sillage toute sa ménagerie, qui repart sur les routes pour la prochaine étape, peut-être le parking du Zénith de Toulouse, "si la mairie accepte de négocier les prix."

La place d'un lion ou d'un tigre n'est pas dans un camion." - Corinne Vignon, députée de la troisième circonscription de Haute-Garonne

De son côté, la députée Corinne Vignon défend la décision de la ministre de la transition écologique. Corinne Vignon était notre invitée ce mercredi matin sur France Bleu Occitanie. Elle fait partie des politiques qui ont porté cette loi. 

Corinne Vignon sait que les professionnels du cirque "aiment leurs animaux", mais elle demande surtout une fin progressive de leur présence dans les cirques. Et son application pourrait prendre plusieurs années. 

Corinne Vignon invitée de France Bleu Occitanie

Pas question non plus d'euthanasier tous ces animaux selon la députée. Elle milite pour qu'un grand sanctuaire animalier voit le jour en France et puisse accueillir tous ces animaux, un peu sur le principe d'une réserve sauvage. 

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